Mardi 19 janvier 2010
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Des Souris et des
hommes,
écrit par Steinbeck.
Publié en 1937.
Une page blanche. Peut-être n'y aurait-il pas mieux pour commenter cet ouvrage. Ce récit m'a prise aux tripes; je l'ai fini il y a environ
dix minutes, et j'en suis encore bouleversée.
Je vous propose une quatrième de couverture "maison" : un extrait.
"-Raconte moi... Comme t'as fait d'autres fois.
-Te raconter quoi?
-Les lapins.
George trancha.
-Faut pas essayer de me faire marcher.
Lennie supplia :
-Allons, George, raconte moi. Je t'en prie, George. Comme t'as fait d'autres fois.
-Ca te plaît donc bien? C'est bon, j'vais te raconter, et puis après, on dînera.
La voix de George se fit plus grave. Il répétait ses mots sur un certain rythme, comme s'il avait déjà dit cela plusieurs fois.
-Les types comme nous, qui travaillent dans les ranches, y a pas plus seul au monde. Ils ont pas de famille. Ils ont pas de chez soi. Ils vont dans un ranch, ils y font un peu d'argent, et puis
ils vont en ville et ils le dépensent tout... et pas plus tôt fini, les v'là à s'échiner dans un autre ranch. Ils ont pas de futur devant eux.
Lennie était ravi.
-C'est ça... C'est ça. Maintenant, raconte comment c'est pour nous.
George continua :
-Pour nous, c'est pas comme ça. Nous on a un futur. On a quelqu'un a qui parler, qui s'intéresse à nous. On a pas besoin de s'asseoir dans un bar pour dépenser son pèze, parce qu'on a pas d'autre
endroit où aller. Si les autres types vont en prison, ils peuvent bien y crever, tout le monde s'en fout. Mais pas nous.
Lennie intervint.
-Mais pas nous! Et pourquoi? Parce que... parce que moi, j'ai toi pour t'occuper de moi, et toi, t'as moi pour t'occuper de moi, et c'est pour ça.
Il éclata d'un rire heureux."
J'aurais pu prolonger cet extrait, mais ce ne serait plus un extrait. C'est qu'en relisant ce livre, j'ai du mal à m'arrêter.
Je ne peux pas vous donner un résumé, c'est impensable. Ce récit, il faut le lire, le découvrir, le ressentir. Poignant, fort en sentiments : voilà quelques mots pour le décrire.
J. Kessel a écrit un préface à ce récit. Un préface si bien écrit, si bien pensé, que je l'ai lu deux fois.Vous en trouverez donc au cours de cet article quelques citations , afin d'illustrer la
force de ce récit.
Steinbeck possède un véritable talents : son récit ne contient pratiquement que des dialogues. Des dialogues saisissants, touchants, navrants, bouleversants. Parfois déchirants.
"Ce livre est bref. Mais son pouvoir est long.
Ce livre est écrit avec rudesse et, souvent, grossièreté. Mais il est tout nourrit de pudeur et d'amour.
Le récit a un véritable pouvoir. Au travers de dialogues, ce sont de véritables leçons d'humanité qui sont transmises
au lecteur. Fraternité, amour de son prochain, la force de l'espoir, le racisme et l'intolérance, l'amour que l'on porte aux bêtes, la vieillesse et ses malheurs, le démon féminin, le désespoir
et la tristesse sans limite. Autant de thèmes qui sont évoqués à demi-mot, qui touchent le lecteur sans que celui-ci s'en aperçoive. Si ce n'est après avoir lu le dernier mot. Quand les
sentiments rejaillissent, plus intenses.
"[Les personnages] vivent tous avec une intensité et une intégrité
merveilleuses. Avec leur poids de chair. Avec le mouvement du coeur et les reflets de l'âme.
L'écrivain s'est borné à reproduire les contours les plus simples, à répéter des paroles banales et vulgaires. Et à travers cette indigence, cette négligence barbares, il accomplit le
miracle.
[...]
Et ce que l'auteur ne s'est pas soucié de faire savoir à leur sujet nous le devinons, nous l'entendons, nous en prenons une certitude intuitive."
Je ne sais pas ce qui m'a le plus ému. Peut-être le rêve de ces deux hommes de posséder, un jour, un p'tit bout
de terre à cultiver et quelques bêtes à soigner; un rêve si simple, si beau, mais si bouleversant car inaccessible.
"La prairie
sauvage et le rêve le plus humble, le plus tendre, vivent dans ces vagabonds, dans ces brutes mal détachées de l'animal et de la terre. Le grand vent, la grande plaine, la grande pluie et
les grandes tristesses circulent autour d'eux."
J'ai refermé ce récit avec beaucoup d'émotions. Cet ouvrage, je vous le recommande avec
passion.
"(...) une admiration profonde et stupéfaite se lève pour l'auteur qui, en si
peu de pages, avec des mots si simples et sans rien expliquer, a fait vivre si loin, si profondément et si fort."
Vous pouvez découvrir une multitude d'autres avis sur ce récit
ici,
là ou
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--->>> Pour aller plus loin...
-Je vous invite à en découvrir un peu plus sur John Steinbeck,
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-Je viens de découvrir qu'il existait plusieurs adaptations cinématographiques...je vais sûrement regarder celle avec John Malkovich très prochainement!