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7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 13:55

Winter,

écrit par Rick Bass.


Publié en 1991 ; 1998 pour la traduction française.

 

 

http://plaisirsacultiver.unblog.fr/files/2010/06/winter.gif

 

 

 

 

Quatrième de couverture :


Winter est le récit de l'installation de Rick Bass et de sa femme dans un coin reculé du Montana en plein hiver. Pas d'électricité, pas de téléphone, juste un saloon à une demi-heure de route. Mais une vallée comme au début du monde, une nature splendide et cruelle. Par moins trente-neuf degrés, le rêve se fait parfois souffrance. Dans une prose lumineuse, le défenseur de l'environnement Rick Bass redécouvre, au terme d'un progressif dépouillement, l'essentiel.

 


 

 

 

      « La nuit, les coyotes hurlent, et à travers toute la vallée, les chiens de traîneau, les huskies de l’Alaska, leur répondent ; ils se lèvent et aboient jusqu’à ce que toutes les montagnes retentissent des glapissements sortis de notre cluse ; on croirait entendre Dieu sait quel village de damnés… »


 

Lire Winter, c’est découvrir la pureté d’un lieu encore sauvage, encore indompté par l’Homme. Un retour aux sources autant qu’une mise à l’épreuve, le rêve d’une Nature généreuse et vivante, dont la beauté réveille des sentiments enfouis en nous depuis trop longtemps. Un espace comme un paradis perdu regorgeant de faunes et de flores diverses et merveilleuses, de cascades éclaboussantes, de prairies enneigées et d’arbres géants aux troncs noueux, parfois pliés sous le poids de leur sagesse.

« C’est parfois tout à fait merveilleux de découvrir qu’on était dans l’erreur, qu’on est ignorant, qu’on ne sait rien, peau de balle. Comme ça, on peut recommencer. C’est comme la première neige qui tombe chaque année. Elle ne fait aucun bruit, mais c’est la force la plus puissante que l’on connaisse. Plus tard dans l’hiver, les arbres crépiteront, éclateront, se fendront en deux. Les choses s’ouvrent, on apprend. On apprend comment c’est en réalité. »

Si les difficultés d’emménager dans un endroit reculé de la société sont nombreuses, Rick Bass les rend insignifiantes – seule compte cette chance, unique et fabuleuse, qu’ont su saisir l’auteur et sa fiancée de vivre dans un coin reculé du Montana,  encore ignoré du monde. Loin d’être le reflet fidèle de leurs journées, Winter est le journal de leur découverte progressive de l’Hiver. Journal d’initiation à la nature dans ce qu’elle a encore de plus beau et de plus sauvage à nous offrir, ces pages sont également douloureuses pour le lecteur contemporain qui ne peut que constater, accablé, les tristes changements apportés par l’Homme à une Nature qui était pourtant merveilleuse.

« On était au début de septembre et je me dirigeais, littéralement, vers la dernière route des Etats-Unis, une piste en gravier et terre battue, parallèle à la frontière canadienne, là haut dans les monts Purcell, au fin fond du Montana. C’était comme de partir au combat, ou de tomber amoureux, ou d’émerger d’un rêve délicieux, ou d’y sombrer : comme de marcher dans de l’eau froide par un jour d’automne. Des feuilles tombaient en tournoyant sur ces routes noires, les traversaient poussées par le vent. Quelquefois, après m’être arrêté pour piquer un bref roupillon, assoupi sur la grande banquette, les chiens pelotonnés par terre à mes pieds, je me réveillais, et les feuilles couleur d’automne, collées sur le capot jaune et le pare-brise de la camionnette, le recouvraient entièrement ; et moi, je frissonnais presque. »

http://www.labarule.com/IMG/jpg/X-X-X_Sabot_de_Venus_Franck_2.jpg

 

 

 

 

 

« Des sabots de Vénus fleurissent tout le long du chemin, et l’on sait qu’on approche de la chute d’eau quand l’air prend cette consistance négative, comprimée, plus lourde que la pesanteur – la forêt entière vibre ; presque aussitôt on l’entend. »

 

 

 

 

 

 

L’écriture de l’auteur ne se veut ni romanesque, ni séduisante, elle n’en est cependant  que plus efficace. Les pages se tournent, et je m’éprends du bois. Ce bois que le narrateur décrit presque avec amour, toujours avec respect. Ce bois, source de vie et de chaleur, œuvre remarquable d’une Nature ingénieuse.

« Des flaques de soleil sur le foin, sur les herbes sèchent de la fin de saison ; des bûches de bois vert pétaradent et cognent contre les parois du vieux poêle en fonte de la serre où j’écris. Je songe au plaisir que je prends à me procurer du bois. Je n’arrête pas de geindre à ce sujet, et certains matins, après avoir travaillé trop dur, après être allé au-delà de mes possibilités, de mes capacités, après m’être consumé à la tâche, je n’arrive pas à me lever – et pourtant je prends vraiment, vraiment beaucoup de plaisir à le faire : soulever les énormes billots, les charger dans la voiture, les rapporter à la maison, les fendre, les ranger, voir le tas monter de plus en plus haut, la forteresse, notre protection contre le grand froid, la monnaie du Grand Nord, qui jonche déjà les forêts, qui attend que je vienne la ramasser, qui ne coûte rien, il n’y a qu’à se baisser pour le prendre. »

http://www.chassegaspesie.ca/images/orignal_top.jpg

 

 

 

 

« On aurait pu nicher un service à thé sur le vaste berceau de ses bois sans qu’il en renverse une goutte, tant son allure était facile et unie. »

 

 

 

 

Entre remises en question écologiques et dangers de la mécanique, la prose de l’auteur s’attarde sur des anecdotes, contes de l’hiver ou simples récits d’une journée de labeur.

« Hier soir, il faisait froid dans la maison. Nous nous sommes endormis par terre devant la cheminée, agréablement réchauffés après notre dîner, tétra au citron (dégoulinant de graisse et succulent), riz sauvage, pain maison, pommes de terre sous la cendre, et la dernière salade de la saison. Ce matin, il ne faisait pas chaud. J’ai préparé le café sur la cuisinière au propane de la cuisine, et, pendant que l’eau chauffait, j’ai tendu les mains au-dessus de la minuscule flamme bleue, qui sifflait et crachait. Quand l’eau s’est mise à bouillir, je n’avais aucune envie de les enlever de là. J’aurais aimé rester ainsi toute la journée. »

Le journal se consacre presque exclusivement à l’Hiver, ce qui rend la lecture très agréable et surprenante. Si le quotidien de l’auteur s’immisce parfois entre les lignes, c’est pour mieux nous faire comprendre et ressentir ce qu’est l’Hiver – non pas une grande vague de froid qui s’abat sur les Hommes durant quelques mois, mais plutôt une Nature vivante qui évolue, à laquelle tous nous devons nous adapter pour mieux la comprendre et l’apprécier.

« De gigantesques lièvres blancs et dodus, comme des magiciens, des lièvres aussi gros que des félins de bonne taille, se cachent dans l’obscurité des bois, attendant la neige salvatrice. Leur évolution s’est prolongée pendant tous ces milliers d’années : les benêts ont été éliminés il y a déjà bien longtemps, les lièvres du genre je-deviens-blanc-sans-savoir-pourquoi ; ceux qui viraient au blanc alors que la neige n’était absolument pas en route, ou bien ceux qui changeaient trop tôt, ne trouvaient pas de cachette, et finissaient donc par être rapidement dévorés, par être la proie des loups, coyotes, faucons, chouettes, lynx, pumas, et j’en passe. Et aussi les lièvres qui restaient bruns, ceux qui ne devinaient pas l’approche d’un rude hiver et ne s’y préparaient pas : à la trappe, pareillement.

Donc, je me dis que ces lièvres-là savent ce qu’ils font. C’est quand même remarquable de risquer sa vie ainsi, chaque année, deux fois par an même, parce qu’ils doivent bien savoir aussi à quel moment il faut redevenir brun. »

Au cœur de l’hiver, quand la Nature s’impose et que le froid envahit chaque objet et chaque être vivant, alors l’écrivain devient poète. Ses mots tourbillonnent sous notre regard fasciné, tombent sur les pages blanches, manteaux de neige. L’écriture se fait charmante de beauté et de vérité, reflet de l’hiver – plus simplement, reflet de la vie.

« Si vous regardez la neige par la fenêtre, et même si vous regardez plus loin, en vous efforçant de distinguer, à travers les flocons, les bois de l’autre côté de la prairie, elle donne l’impression de tomber très vite, et votre vie, si vous lui permettez de vous jouer le même tour, peut vous sembler tout aussi précipitée et frénétique. Mais si vous prenez soin de regarder la neige avec les yeux d’un enfant ou d’un Texan – le nez en l’air, en essayant de comprendre d’où elle sort – alors la lenteur avec laquelle elle tombe, la paralysie de son voyage vous feront aussitôt choir dans un état plus bas, plus lent, où vous serez assuré de vivre deux fois plus longtemps et de voir deux fois plus de choses, et d’être pour finir deux fois plus heureux. La neige est plus merveilleuse que la pluie, plus merveilleuse que tout. »

L’hiver mystérieux se termine, s’achève en un souffle, petite brise soudaine que l’on sent différente. Un sentiment d’abandon, de tristesse nous envahi. Ce froid que nous redoutions tant, nous avons appris à le connaître et à l’aimer. Nous avons vécu en harmonie avec lui, au cœur de ses journées les plus difficiles - et il disparaît. Enchantement ou désenchantement ? Le printemps arrive, nouvel invité qu’il faudra savoir accueillir.

« Le danger de se laisser aller à songer au printemps – l’herbe verte, les balades, les pieds nus, les lacs, la pêche à la ligne, les cours d’eau, et le soleil, le soleil brûlant –, c’est qu’un fois que de telles pensées pénètrent votre esprit, il est impossible de les en chasser.

Aime l’hiver. Ne le trahis pas. Sois loyal.

Quand le printemps arrivera, aime-le, lui aussi – et ensuite l’été.

Mais reste loyal à l’hiver, d’un bout à l’autre – j’ai dit d’un bout à l’autre, et d’un cœur sincère – sans quoi tu te retrouveras en carafe, appelant de tes vœux un printemps encore lointain, alors que l’hiver t’aura abandonné, et qu’à sa place tu trouveras ce qu’on appelle la fièvre des cabines, une claustrophobie carabinée de la pire espèce. 

Plus l’hiver sera froid, plus tu l’aimeras. »

 

http://www3.ac-clermont.fr/etabliss/ecole-lafontaine-vals/FCKeditorFiles/Image/projEau/riviere/cincle.jpg

 

 


Je remercie chaleureusement les éditions  http://www.gallimard.fr/ecoutezlire/images/TIT35.GIF  ainsi que http://a7.idata.over-blog.com/300x76/3/60/76/57/partenariat/livraddict_logo_big.pngqui m'ont permis de découvrir, au travers de ce journal, ce que peut encore offrir un hiver de beautés et de découvertes.

 

 

 

~~~ Pour aller plus loin  ~~~


http://a33.idata.over-blog.com/1/08/91/14/DIVERS/4/maupassant_contes-DIVERS.gif

Je vous invite à découvrir ou redécouvrir Nuit de Neige, doux poème de Guy de Maupassant.

 


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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 10:59
Un vampire ordinaire,
écrit par Suzy McKee Charnas.

Publié en 1980.
Réédité en juin 2007. 


Quatrième de couverture :

Edward Weyland, professeur d’anthropologie à l’université de Cayslin, semble un bel homme. Mais ce n’est pas un homme. C’est un vampire, un prédateur qui se nourrit de sang humain, issu d’une espèce rare et ancienne, presque dotée de l’immortalité. Les humains fascinent Weyland, et surtout leurs rêves, car lui ne rêve pas, même durant ses longues périodes d’hibernation. Et parce que les humains fascinent Weyland, il entreprend une étrange relation avec une psychanalyste.
Une relation psychothérapeutique ? On peut en douter.
Mais l’une et l’autre vont succomber à une fascination réciproque, bien proche de ressembler à de l’amour, cette autre forme de prédation.
Suzy McKee Charnas a entièrement renouvelé, avec sensibilité, le thème du vampire. Un grand classique.



L’histoire débute d’une manière somme toute assez originale : « Un mardi matin, Katje découvrit que le professeur Weyland était un vampire, comme celui du film qu’elle avait vu la semaine précédente ». Soit. Aucune hésitation, on sait à quoi s’attendre. Cela m’a relativement déplu, j’aurais souhaité un peu plus de mystère, de recherche… Je ne me suis pourtant pas arrêtée là : au contraire, j’avais hâte d’en savoir plus.

 

Durant les 60 pages qui suivirent, je n’eus qu’une envie : arrêter ma lecture. En résumé, Katje de Groot, dame d’un certain âge, soupçonne le professeur Weyland d’être un vampire : elle va donc en quelque sorte l’espionner, glaner deux ou trois informations ici et là, et à chaque fois en tirer la conclusion qu’il s’agit d’un vampire. Ces conclusions s’avéreront finalement véridiques lorsque ce dernier l’attaquera. Totalement irréaliste ! J’ai vraiment été déçue. Tout d’abord, j’ai eu l’impression d’être prise pour une idiote : Katje a vu un film avec un vampire, Weyland se promène tard le soir, conclusion : Weyland est un vampire. Euhhh … un peu osé là, le syllogisme, non ?! A côté de ces suppositions parfois exaspérantes, on dénote un peu d’action : notamment la découverte – très vague - du laboratoire du professeur, entouré d’un mystère totalement inutile puisqu’au final il ne s’agit que d’un simple laboratoire qui ne sera plus – ou à peine- évoqué dans les chapitres suivants –l’abandon de l’idée m’a d’autant plus déçu qu’il y avait là matière à écrire. Ajoutons que dès les premières pages, on découvre très superficiellement un grand nombre de personnage qui en définitive ne seront plus évoqués dans le roman, voire dans le chapitre en question. A côté de cela s’ajoute bien d’autres défauts, telles que des coïncidences plus que faciles ; quelques phrases sur les Noirs et les Indigènes hors propos de l’histoire, placées là de manière à rappeler – notamment – la ségrégation raciale; des répétitions pas très engageantes telles que «  Katje émis un grognement », page 24, page 30 et un peu plus loin; sans compter une foule de détails inutiles tels que « C’était un cadeau au Club du personnel de l’Economie Domestique. Il manquait déjà de nombreux éléments, mais cela ne dérangeait pas Katje. », pages 18-19.

 

En bref, le personnage de Katje m’a paru ridicule, autant dans son comportement irrationnellement soupçonneux que dans ses propos avec les autres personnages. J’ai imaginé une Miss Marple ratée, choquée pour peu et aux propos raseurs ou tout bonnement navrants - « Mais il était en train de lui faire la cour ! ». La majorité des défauts que j’ai rencontrés, dont les quelques uns cités ci-dessus, auraient été excusés si l’histoire proposée tenait debout ; mais je n’ai trouvé qu’un récit incohérent car souvent irréaliste et simpliste malgré la multiplication de personnages et de détails inutiles. Le plus grand défaut est sans nul doute un manque cruel d’action. Le vampire est décrit comme dynamique, vivant : un récit à son image aurait été le bienvenu ! Je peux comprendre que l’auteur n’est pas désirée mettre de l’action dès le début de son récit, mais il est tout à fait possible de donner de la vie à un texte en jouant sur les effets de vitesse : des phrases lapidaires entrecoupées de passages descriptifs, analepses, prolepses etc. en sont autant de moyens ! Je n’ai trouvé qu’un récit à la hauteur du personnage de Katje : lent, lassant, navrant.

 

Le deuxième chapitre s’ouvre comme une conséquence de la fin du premier : le professeur Weyland est blessé – je vous épargne les détails – et capturé. Après la lecture de ce second chapitre, j’ai compris l’utilité du premier : si le vampire n’avait été blessé, le récit n’aurait pas pu se poursuivre. Pitoyable : écrire soixante pages pour blesser le vampire et permettre la progression de l’histoire ; il aurait été plus intéressant que l’histoire commence au chapitre 2, avec par la suite une voire plusieurs analepses expliquant comment le vampire a obtenu cette blessure, d’autant plus que dans ce deuxième chapitre, le vampire raconte brièvement à un personnage –Mark – par qui et comment il a été blessé.

 

Revenons aux faits : ce deuxième chapitre de 85 pages. Beaucoup plus captivant que le premier, j’ai pris du plaisir à le lire : on découvre réellement le vampire, et notamment ses deux côtés : humain et inhumain. Humain au travers de sentiments forts qui l’habitent tels que la peur, l’inquiétude, la curiosité (…); et inhumain car il n’en reste pas moins un vampire assoiffé et manipulateur. Au fil des pages, on apprend quelques détails intéressants sur le fonctionnement du vampire ; intéressants car ils évitent les clichés habituels. Toutefois, c’est un plaisir nuancé : de nombreux défauts subsistent. Mark, le personnage qui va côtoyer le vampire tout au long de ce deuxième chapitre, est un enfant – un collégien plus précisément- et l’auteur se sert de la naïveté de l’enfant pour faire avancer son histoire ; le défaut n’est pas dans l’idée de base, mais plutôt dans son exploitation beaucoup trop simpliste – je n’en dis pas plus. D’autre part, j’ai été particulièrement agacée par la répétition des « et » à la fois en milieu et en début de phrase : ici je m’adresse au traducteur qui me semble avoir oublié la beauté de la langue française.

Je n’ai compris le fonctionnement du roman qu’à la fin de ce deuxième chapitre : chaque chapitre est indépendant des autres, et donc les personnages découverts et auxquels le lecteur a pu s’attacher disparaissent de l’histoire. J’avoue que cela m’a déçu : j’aurais probablement apprécié que le vampire continue sa route en emmenant Mark – l’enfant. Trop cliché ? Certes, ce n’est pas sans rappeler quelques histoires de vampires, et en cela l’auteur a innové. Toutefois, ce que l’on appelle couramment des « clichés » ne sont-ils pas des éléments créés pour satisfaire le besoin des lecteurs de trouver une part d’humanité au cours de leur lecture ? De se retrouver eux-mêmes dans le comportement des personnages ? Peut-être ces clichés sont ils récurrents parce qu’ils sont efficaces, voire nécessaires ? (…)

 

Le troisième chapitre, intitulé « La dame à la licorne », commence page 159 pour se terminer page 260. Je donne ces quelques détails pour souligner ma plus grande déception : la quatrième de couverture du roman – alléchante, il faut le dire – ne concerne que ce chapitre de cent pages ; ce n’est donc pas une quatrième de couverture de roman, mais plutôt une présentation de chapitre. Je ne vais pas aller plus loin dans mes réflexions sur ce choix de l’éditeur, je vous laisse tirer vos propres conclusions.

Ce troisième chapitre est de loin le plus intéressant du roman ; Weyland, pour expliquer à ses collègues et supérieurs sa mystérieuse disparition  et réapparition, entame une – fausse - psychanalyse. Son but est d’obtenir le document certifiant de sa santé mentale ; il va donc passer de nombreuses heures en compagnie de Floria – la psychanalyste. Toutefois, il va consacrer ces heures à expliquer – en long, en large et en travers – sa véritable nature, mettant ainsi Floria dans le secret. L’idée de la psychanalyse m’a beaucoup plu – bien que ce chapitre m’ait fortement rappelé le si célèbre Entretien avec un vampire, de Anne Rice – mais encore une fois, j’ai été déçue par son exploitation trop simpliste à mon goût. Pour faire bref, j’ai eu la désagréable impression que l’auteur désirait exposer sa théorie sans faille sur les vampires – reproduction, alimentation, chasse, attitudes mentales et physiques, etc. : tous les sujets ou presque sont abordés. Le vampire raconte, la psychanalyste écoute et pose parfois quelques questions. Les moments les plus captivants sont probablement les récits de chasse que lui fait le vampire, mais là encore le lecteur reste sur sa faim : la chasse au bétail humain, décrite comme intense, est racontée d’une manière très plate. Weyland dit ne pas pouvoir s’en passer, que la faim surpasse tout le reste dès qu’elle se fait ressentir, mais je n’ai jamais ressenti ce manque, ce désir insatiable. Ce chapitre se termine finalement et sans surprise – c’était tellement prévisible – par une relation sexuelle entre le vampire et sa psychanalyste.

 

Les deux derniers chapitres sont similaires au niveau de leur fonctionnement : on ne retrouve aucun des personnages rencontrés précédemment, seul le vampire continue d’évoluer au fil des pages. Je n’ai trouvé aucun intérêt au quatrième chapitre, qui m’a semblé terriblement ennuyeux – de trop longues descriptions d’un opéra –, et à nouveau j’ai relevé quelques défauts. Pour n’en citer qu’un : page 303, une scène « d’action » nous est proposée – le vampire doit disparaître des lieux et pour se faire va emprunter un chemin légèrement risqué ; voici un extrait de ce passage : « S’il se suspendait au parapet en étendant complètement les bras, les semelles de crêpe de ses chaussures arriveraient à environ un mètre cinquante de la structure entretoisée. » Le manque de rythme dans cette phrase – ainsi que dans tout le roman – m’a déçu : nous sommes face à un prédateur en fuite, et l’action ne se fait absolument pas ressentir ; d’autre part, la description des semelles – « les semelles de crêpe de ses chaussures » - totalement inutile dans cette scène m’a réellement agacée. Imaginez vous un vampire en fuite examiner pensivement le semelle de ses chaussures ?!

Le dernier chapitre est à l’image du roman : décevant. Seule la fin, assez originale, relève l’impression générale : un roman à la narration bancale, sans profondeur, aux incohérences nombreuses et d’une lenteur étouffante.

 

Pour terminer sur quelques notes positives, ce roman a le mérite de proposer une vision du vampire différente de celles que nous pouvons connaître : on découvre un vampire qui malgré les apparences agit tel un animal, dominé par sa faim – et non par le sexe –, essayant de survivre malgré l’évolution de plus en plus rapide des humains. L’approche que le vampire a des humains, son « bétail », est également très originale, et en cela le roman est une bonne découverte.


J’aimerais partager avec vous une critique très intéressante, et qui compare notamment Un Vampire ordinaire aux Âmes perdues de Poppy Z. Brite : un de mes romans préférés ! Cliquez!

 

Egalement de nombreuses autres critiques que je vous laisse découvrir =) : Mes Imaginaires; Chaplum; Chez Val; Lire et Délires; Le vallon fantastique; Les lectures de Mina

 Je remercie chaleureusement http://flof13.unblog.fr/files/2010/01/livraddictlogosmall.pnget http://flof13.unblog.fr/files/2010/01/ldplogo.gifqui m'ont permis de découvrir ce roman!!

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 18:42
Des Souris et des hommes,
écrit par Steinbeck.

Publié en 1937.


Une page blanche. Peut-être n'y aurait-il pas mieux pour commenter cet ouvrage. Ce récit m'a prise aux tripes; je l'ai fini il y a environ dix minutes, et j'en suis encore bouleversée.


Je vous propose une quatrième de couverture "maison" : un extrait.

"-Raconte moi... Comme t'as fait d'autres fois.
-Te raconter quoi?
-Les lapins.
George trancha.
-Faut pas essayer de me faire marcher.
Lennie supplia :
-Allons, George, raconte moi. Je t'en prie, George. Comme t'as fait d'autres fois. 
-Ca te plaît donc bien? C'est bon, j'vais te raconter, et puis après, on dînera.
La voix de George se fit plus grave. Il répétait ses mots sur un certain rythme, comme s'il avait déjà dit cela plusieurs fois.
-Les types comme nous, qui travaillent dans les ranches, y a pas plus seul au monde. Ils ont pas de famille. Ils ont pas de chez soi. Ils vont dans un ranch, ils y font un peu d'argent, et puis ils vont en ville et ils le dépensent tout... et pas plus tôt fini, les v'là à s'échiner dans un autre ranch. Ils ont pas de futur devant eux.
Lennie était ravi.
-C'est ça... C'est ça. Maintenant, raconte comment c'est pour nous.
George continua :
-Pour nous, c'est pas comme ça. Nous on a un futur. On a quelqu'un a qui parler, qui s'intéresse à nous. On a pas besoin de s'asseoir dans un bar pour dépenser son pèze, parce qu'on a pas d'autre endroit où aller. Si les autres types vont en prison, ils peuvent bien y crever, tout le monde s'en fout. Mais pas nous.
Lennie intervint.
-Mais pas nous! Et pourquoi? Parce que... parce que moi, j'ai toi pour t'occuper de moi, et toi, t'as moi pour t'occuper de moi, et c'est pour ça.
Il éclata d'un rire heureux."


J'aurais pu prolonger cet extrait, mais ce ne serait plus un extrait. C'est qu'en relisant ce livre, j'ai du mal à m'arrêter.

Je ne peux pas vous donner un résumé, c'est impensable. Ce récit, il faut le lire, le découvrir, le ressentir. Poignant, fort en sentiments : voilà quelques mots pour le décrire.

J. Kessel a écrit un préface à ce récit. Un préface si bien écrit, si bien pensé, que je l'ai lu deux fois.Vous en trouverez donc au cours de cet article quelques citations , afin d'illustrer la force de ce récit.

Steinbeck possède un véritable talents : son récit ne contient pratiquement que des dialogues. Des dialogues saisissants, touchants, navrants, bouleversants. Parfois déchirants. 
"Ce livre est bref. Mais son pouvoir est long.
Ce livre est écrit avec rudesse et, souvent, grossièreté. Mais il est tout nourrit de pudeur et d'amour.
Le récit a un véritable pouvoir. Au travers de dialogues, ce sont de véritables leçons d'humanité qui sont transmises au lecteur. Fraternité, amour de son prochain, la force de l'espoir, le racisme et l'intolérance, l'amour que l'on porte aux bêtes, la vieillesse et ses malheurs, le démon féminin, le désespoir et la tristesse sans limite. Autant de thèmes qui sont évoqués à demi-mot, qui touchent le lecteur sans que celui-ci s'en aperçoive. Si ce n'est après avoir lu le dernier mot. Quand les sentiments rejaillissent, plus intenses.
"[Les personnages] vivent tous avec une intensité et une intégrité merveilleuses. Avec leur poids de chair. Avec le mouvement du coeur et les reflets de l'âme.
L'écrivain s'est borné à reproduire les contours les plus simples, à répéter des paroles banales et vulgaires. Et à travers cette indigence, cette négligence barbares, il accomplit le miracle.
[...]
Et ce que l'auteur ne s'est pas soucié de faire savoir à leur sujet nous le devinons, nous l'entendons, nous en prenons une certitude intuitive."
Je ne sais pas ce qui m'a le plus ému. Peut-être le rêve de ces deux hommes de posséder, un jour, un p'tit bout de terre à cultiver et quelques bêtes à soigner; un rêve si simple, si beau, mais si bouleversant car inaccessible.
"La prairie sauvage et le rêve le plus humble, le plus tendre, vivent dans ces vagabonds, dans ces brutes mal détachées de l'animal et de la terre. Le grand vent, la grande plaine, la grande pluie et les grandes tristesses circulent autour d'eux."
J'ai refermé ce récit avec beaucoup d'émotions. Cet ouvrage, je vous le recommande avec passion. 
"(...) une admiration profonde et stupéfaite se lève pour l'auteur qui, en si peu de pages, avec des mots si simples et sans rien expliquer, a fait vivre si loin, si profondément et si fort."

Vous pouvez découvrir une multitude d'autres avis sur ce récit ici ou sur ce site.


 --->>> Pour aller plus loin... 


-Je vous invite à en découvrir un peu plus sur John Steinbeck, cliquez!
-Je viens de découvrir qu'il existait plusieurs adaptations cinématographiques...je vais sûrement regarder celle avec John Malkovich très prochainement!

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A l'honneur : la littérature "jeunesse" !

La littérature jeunesse est mise à l'honneur ! Une nouvelle catégorie lui est dédiée !

Je vous invite, chers lecteurs, à feuilleter quelques jolis ouvrages colorés et à découvrir de merveilleuses histoires pleines de rêves et d'aventures !

De belles idées pour nos adorables petits anges, et un soupçon de tendre nostalgie pour les plus âgés !

Cliquez ici pour découvrir les ouvrages qui pourront vous émerveiller !

Livres par écrivains

Cliquez sur le titre d'un livre pour accéder à sa fiche de lecture !
 
bass-rick-2.jpgBASS, Rick
 
72e081b0c8a0fc24c2f3f110.L._V192261114_SX200_.jpg
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BECDELIEVRE (de), Gilles
 
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BONGRAND, Caroline
 
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BOUCHARD, Nicolas
 
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BOURGINE, Jérôme
 
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CASTRO (de), Eve
 
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DESSAINT, Pascal
 
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D'ETANGES, Pierre
 
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DOYLE, Roddy
 
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ERDRICH, Louise
 
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FETJAINE, Jean-Louis
La trilogie des elfes :
 
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FUKUDA, Andrew
 
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FUNDER, Anna
 
myriam-gallot.jpgGALLOT, Myriam
 
Daniel-GLATTAUER.jpgGLATTAUER, Daniel
 
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GREEN, John
 
kate grenvilleGRENVILLE, Kate
 
Steven-HALL.jpgHALL, Steven
 
http://www.babelio.com/users/AVT_Sonya-Hartnett_3690.jpeg
HARTNETT, Sonya
 
http://cdipeguy.free.fr/onytrouve/coupsdecoeur/yaelhassan.jpg
HASSAN, Yaël
 
HERMARY VIEILLE, Catherine
 
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LACHASSAGNE, Geoffrey
 
http://bardotagogo.com/bagglog/images/jacques_lanz.jpg
LANZMANN, Jacques
 
inara lavey
LAVEY, Inara
 
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LEMAITRE, Pierre
 
david-levithan.jpgLEVITHAN, David
 
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MACIP, Salvador
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MALZIEU, Mathias
 
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MARTINEZ, Carole
 
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MASSAROTTO, Cyril
 
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MERET, Marc
 
MOORCOCK, Michael
 
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/fa/Wmmorris3248.jpg/220px-Wmmorris3248.jpg
MORRIS, William
 
MOUCHARD, Christel
 
NOSAKA.jpgNOSAKA, Akiyuki
 
nothomb2011.jpgNOTHOMB, Amélie
 
http://www.cinergie.be/picture/personne/original/images/personne/_n/nysenholc_adolphe/photo.jpg
NYSENHOLC, Adolphe
 
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OBRY, Marion
 
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PALOU, Anthony
 
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PATRICOT, Aymeric
 
4141073-copie-1.jpg
PONSOT CORRAL Laureen
 
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RADENAC, Matthieu
 
RHEIMS, Nathalie
 
ROCK, Peter
 
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SABATIER, Robert
Le Lit de la merveille

http://kaganof.com/kagablog/wp-content/uploads/2007/10/2000522.jpg
SADE, Marquis de
Les Crimes de l'amour
 
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SANE, Insa
 
SCHMITT, Eric-Emmanuel
 
SOREL, Guillaume

john-steinbeck-copie-1.jpg STEINBECK, John
 
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SZABOWSKI, François
 
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TANNER, Rachel
 
VENS, Pierre
 
krystin.jpgVESTERÄLEN, Krystin
 
WATSON.jpgWATSON, Steven (S. J.)
 
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WELCH, James