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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 18:32

L'Heure des elfes

Troisième et dernier tome de la trilogie des elfes,


Ecrit par Jean-Louis Fetjaine

Première publication en 2000.

 


http://www.noosfere.com/images/couv/f/franceloisirs4776-2001.jpg Le monde, jusque-là partagé entre les nains, les monstres, les elfes et les hommes, a perdu son équilibre depuis que ces derniers se sont approprié le talisman des nains, la légendaire épée Excalibur.


Déchiré entre son épouse, la chrétienne Ygraine, et Lliane, la reine des elfes, le roi Uter a pris la décision de rendre l'épée sacrée et de restaurer ainsi l'ordre ancien.

C'est alors que les monstres envahissent le royaume de Logres et anéantissent leurs adversaires désunis. Affaiblis et terrifiés, les hommes se tournent de nouveau vers les elfes, espérant que le peuple des arbres viendra à leur secours.

Exilée sur l'île d'Avalon avec sa fille morgane et accompagnée du mystérieux Merlin, la reine Lliane acceptera-t-elle, une fois encore, de tout risquer pour l'amour d'Uter ?

Dans ce troisième et dernier volet de l'épopée fabuleuse qui a consacré le talent de conteur de Jean-Louis Fetjaine, une aube baignée de merveilleux, de passions et de drames se lève sur la légende arthurienne.

 

 

 

L'Heure des elfes est le troisième et dernier tome de la Trilogie des elfes, par l'excellent auteur Jean-Louis Fetjaine. Ce dernier roman m'a un peu déçue et j'admets avoir été moins transportée par l'histoire en comparaison avec les deux tomes précédent.


Pourtant, l'écriture de Fetjaine est toujours aussi savoureuse : un vocabulaire riche et précis, étudié pour être compris aisément sans pour autant tomber dans la facilité ou la banalité; une plume dynamique et néanmoins poète, qui pose discrètement quelques notes de douceur et de légèreté tout au long du récit; et de surprenantes petites touches d'humour, si agréables lorsque le récit se veut tragique et désespéré.


Le récit tient également ses promesses : cohérent avec les deux tomes précédent, il offre une suite agréable et parfois surprenante à La Nuit des elfes. J'ai cependant regretté que les personnages, qui avaient pris de l'épaisseur dans le deuxième tome, soient beaucoup plus absents et creux dans ce dernier opus; néanmoins cela se justifie par les choix narratifs beaucoup plus portés sur le peuple dans son ensemble que sur un seul de ses représentants. En effet, le récit offre de longues descriptions des villes, des habitants, des animaux même : l'auteur a pris le parti de favoriser l'ambiance générale et la vision globale des différents peuples, plutôt que de s'accrocher à une poignée de personnages - et ainsi perdre de vue tous les autres. Un choix efficace, car l'intrigue ne porte plus sur un petit groupe d'élus, mais sur l'ensemble des hommes, des elfes, des nains et des monstres. 


Ma véritable déception porte sur l'insuffisance du récit lors d'évènements pourtant majeurs de l'intrigue. J'avoue ne pas comprendre le choix narratif de Jean-Louis Fetjaine : le récit se veut lent et riche en descriptions, l'ambiance est si bien construite qu'elle en devient presque réelle, et l'affrontement final - contrairement au tome précédent, qui le présentait de manière très succincte - est précis, agréablement détaillé ; alors pourquoi une soudaine ellipse narrative, à un moment si grave, si décisif du récit ? Les autres ellipses me paraissent justifiées : l'auteur ne souhaite pas constamment entrer dans les détails, il choisit parfois d'accélérer le récit et de laisser la liberté au lecteur d'imaginer les faits passés sous silence. Mais une ellipse narrative alors qu'arrive la fin du combat, laissant en suspens le devenir des attaquants et des perdants, ne trouve aucune justification dans mon esprit - sinon celle de frustrer le lecteur. Je l'ai presque ressenti comme une trahison.

J'espérais en apprendre plus dans les pages suivantes, mais non : le chapitre est refermé, la suite de l'histoire prend le relais. On en revient à ma première impression, suite à ma lecture du premier tome : l'ouvrage se rapproche plus du conte que du roman, dans sa légèreté et son manque régulier de détails ou de précisions. D'ailleurs, dans ce dernier tome, l'auteur n'hésite pas à jouer avec l'impatience du lecteur, remplaçant délibérément et à plusieurs reprises le même mot par des points de suspension : tels des enfants, il faut faire preuve de patience et écouter la suite de ce conte merveilleux et tragique pour que le mystère se dévoile entièrement.


Ce choix regrettable mis de côté, j'ai passé un excellent moment de lecture. Cette trilogie de Jean Louis Fetjaine pourrait être plus judicieusement présentée comme un préface aux légendes se rapportant au Roi Arthur, car à la fin du roman il n'est encore qu'un bébé accroché au sein de sa nourrice. Les personnages, les lieux, les objets légendaires : tout se met en place et trouve un sens, tout converge vers les fabuleux récits rapportant le destin du Roi Arthur et de ses preux chevaliers. Il est juste regrettable que Jean-Louis Fetjaine n'ait pas donné une suite à cette trilogie : il faudra se tourner vers un autre écrivain pour retrouver Arthur, Lancelot, et tant d'autres...

 

"Tu es resté trop longtemps près des hommes, chuchota la voix de l'elfe tout près de son oreille, tendre et chaude. Ce que les hommes appellent l'amour est une souffrance, une quête impossible qui aveugle le coeur et l'esprit. Ils ne se contentent jamais de l'instant présent, de la douceur de ma main sur ta joue, de mon corps contre le tien, du bonheur quand il est là, du plaisir quand il vient...

N'ouvre pas les yeux, Myrddin. Aucune race animale, aucune tribu de la Déesse ne connaît l'amour des hommes. La tendresse, oui, le désir, le plaisir et l'ivresse, l'attachement, mais pas cette passion qui détruit tout ce qu'elle touche. Ne cherche pas à m'aimer. Prends ce que je te donne, Myrddin, pas ce que je ne peux t'offrir..."


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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 18:40

La Nuit des elfes

Deuxième tome de la trilogie des elfes,


Ecrit par Jean-Louis Fetjaine

Première publication en 1999.

 


http://www.noosfere.com/images/couv/b/belfond3673-1999.jpg Le monde a sombré dans le chaos lorsque les hommes ont exterminé les derniers royaumes nains. Seuls les elfes pourraient s'opposer à eux, mais ils se sont retranchés dans leurs immenses forêts, inconscients du danger qui les menace à leur tour.


Pour empêcher le duc Gorlois d'étendre la domination des hommes sur la terre, au nom de Dieu, le druide Merlin s'attache aux pas du chevalier Uter, l'amant de Lliane, la reine des elfes. Investi du pouvoir de Lliane, Uter devient le Pendragon, chef de guerre de tous les peuples libres, et tient désormais entre ses mains le pouvoir de restaurer l'ordre ancien. Mais il lui reste à choisir entre l'amour de deux reines : Lliane, l'inaccessible, réfugiée dans son île d'Avalon ; ou Ygraine, si réelle, si humaine ...


Récit flamboyant du combat entre deux mondes, deux religions, deux femmes, La Nuit des elfes apporte une dimension violente et sensuelle à la genèse du cycle arthurien.

 

 

 

La Nuit des elfes est une excellente suite au Crépuscule des elfes. J'avais peur d'être déçue, comme cela peut souvent être le cas lorsqu'on découvre une trilogie : j'avais peur que la magie disparaisse, que la plume s'appauvrisse, que les personnages perdent de leur charisme; cependant Jean-Louis Fetjaine tient ses promesses et offre avec ce deuxième tome un excellent moment de lecture. 


Ce deuxième opus permet la transition vers les légendes arthuriennes, qui étaient tout juste évoquées dans le premier tome. On reconnait avec enthousiasme quelques noms fabuleux liés à celles-ci : la terre d'Avalon, le mythe du Pendragon, Arthur... Le cycle bascule insensiblement vers des légendes connues mais oubliées, imprécises. 


Alors que le premier tome, tout en douceur et en légèreté malgré la gravité des évènements, évoquait plus le conte que le roman; La Nuit des elfes emmène le lecteur hors de l'univers des contes. La légende est romancée avec beaucoup plus de détails et de lenteur, le ton se fait plus grave et dramatique. Le premier tome, équilibré, balançait la douleur par l'humour, les trahisons par l'amitié, les meurtres par la générosité. On refermait le livre avec espoir. Or, cet espoir est presque balayé dans ce deuxième tome, anéanti par le peuple des Hommes. Lentement, l'univers du roman s'assombrit et la noirceur du coeur humain abat le lecteur. 


La plume de Jean-Louis Fetjaine est toujours très efficace, très étudiée. Aux passages dynamiques, sanglants et effrayants de brutalité s'opposent des touches de sérénité, de poésie et d'harmonie avec la Nature. L'ensemble est agréablement fluide et compréhensible, alors qu'il emploie parfois des termes d'époque précis et inusités. J'ai apprécié que les religieux s'expriment en latin et j'ai admiré son approche des textes bibliques et de la foi chrétienne car la difficulté était de taille : décrire celle-ci d'un point de vue péjoratif - car dans ce texte, la chrétienté est abominable, en ce sens que ses représentants la détourne de son but premier et l'utilise pour massacrer les peuples qui ont déjà leur propre religion - sans toutefois faire preuve de racisme religieux. Ses phrases sont subtiles, ses mots bien choisis et le lecteur est amené à faire ses propres conclusions. La réflexion n'est bien entendue pas aussi développée que celle menée par les philosophes des Lumières, et surtout, elle ne sert que le récit : comprendre les légendes arthuriennes, comprendre les choix des différents peuples, comprendre surtout les Hommes. 


Dans ce deuxième tome, les personnages prennent une nouvelle épaisseur. La force de Jean-Louis Fetjaine est de faire peser l'ensemble du récit, non pas sur les combats menés - les vainqueurs, les vaincus - ou sur la politique traîtresse et machiavélique des hommes, mais sur les sentiments éprouvés par les différents peuples. L'amour, l'amitié, la jalousie, l'humilité, la pitié, la rancoeur, la haine : tant de sentiments communs et qui orienteront pourtant les choix des personnages, qui traceront leur Histoire. Uther n'aspire qu'à la douceur des bras de Lliane, qu'à la tranquillité d'une baronnie méritée pour sa bravoure : fatigué, il se bat avec sa destinée. Il ne souhaite pas porter sur ses épaules, trop jeunes et si humaines - si fragiles - la vie de peuples déjà mourants. Cependant ses sentiments porteront ses choix, et ses choix le feront Pentagron. Il se résout douloureusement à ce glorieux destin, chaque jour il se vide un peu plus de son essence vitale. La victoire est emplie de tristesse. La plume de Jean-Louis Fetjaine se montre alors talentueuse, car elle parvient à faire ressentir au lecteur cette tristesse, ce vide, ce presque désespoir de l'abandon. 


Les dernières pages me furent les plus difficiles. Alors que renaît l'espoir, que l'on pense pouvoir sourire de nouveau, la chute est hélas inévitable... J'ai refermé l'ouvrage avec tristesse cette fois, mais toujours avec l'envie de poursuivre ma lecture.


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11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 17:26

Le Crépuscule des elfes

Premier tome de la trilogie des elfes,


Ecrit par Jean-Louis Fetjaine

Première publication en 1998.

 


http://www.noosfere.com/images/couv/b/belfond3611-1998.jpg Il y a bien longtemps, avant même Merlin et le roi Arthur, le monde n'était qu'une sombre forêt de chênes et de hêtres, peuplée d'Elfes et de races étranges dont nous avons aujourd'hui perdu jusqu'au souvenir. Dans ces temps anciens, les elfes étaient un peuple puissant et redouté des hommes, des êtres pleins de grâce à la peau d'un bleu très pâle, qui savaient encore maîtriser les forces obscures de la nature.


 Ce livre est le récit de leurs dernières heures depuis la rencontre du Chevalier Uter et de Lliane, la reine des Elfes, dont la beauté fascinait tous ceux qui l'approchaient. L'histoire d'une trahison et de la chute de tout un monde., d'un combat désespéré et d'un amour impossible.

 Dans un Moyen Age où le merveilleux côtoie la violence et la cruauté, ce fabuleux roman, nourri par une inépuisable imagination et une grande connaissance du monde médiéval, établit un pont entre l'univers des légendes celtiques la Fantasy et le cycle arthurien.

 

 

 

Je n'avais pas lu de Fantasy depuis une dizaine d'années, ma première lecture - Bilbo le Hobbit - m'ayant peu convaincue. J'avais alors treize ans, et je garde de cette première approche de Tolkien le souvenir d'une histoire certes passionnante, mais complexe et difficile à comprendre pour une novice du genre. Avec les années, l'envie de rêver - de m'évader véritablement au cours de mes lectures est ré-apparue. De découvrir un autre monde, dans lequel notre société actuelle n'existe pas - ou, pas encore. 

 

L'excellent site web elbakin.net regroupe plus de 1 000 romans de fantasy, avec de nombreux avis et classements, ainsi qu'une catégorie spécialement conçue pour les lecteurs n'ayant jamais approché la fantasy et qui souhaitent faire de belles découvertes. En quelques clics, j'ai comparé certains romans et j'ai déniché cette célèbre trilogie de Jean-Louis Fetjaine, apparemment très accessible et bien écrite. 

 

Effectivement, l'écriture de Jean-Louis Fetjaine est délicieuse. Alors que beaucoup de romans s'encombrent d'un avant-propos, puis de quelques chapitres de présentation qui enlisent le lecteur dans une langueur soporifique; ce premier roman entraîne efficacement le lecteur, dès les premières lignes, au coeur de la fantasy - à la rencontre des elfes et des hommes d'un autre temps. 

 

Le roman se lit comme un conte, et ce fut particulièrement agréable. Les mots employés sont simples sans être enfantins, les métaphores quasi-inexistantes, et pourtant tout est extrêmement bien décrit. J'ai été surprise, car habituée à ce que les descriptions efficaces soient également complexes et riches en figures de style. L'écriture est fluide, je ne lui ai trouvé aucun défaut : le vocabulaire est précis sans être ennuyant, accessible tout en mêlant quelques mots de l'ancien temps qui m'étaient inconnus et qui entretiennent l'univers du conte. D'ailleurs, c'est tel un conteur que l'auteur répète plusieurs fois au cours du roman certains détails magiques ou inhabituels : c'est discret et assez bien écrit pour ne pas être agaçant, et je suis certaine qu'à l'oral cela passerait totalement inaperçu. L'ensemble est étonnamment très doux, même lorsque le sang coule et que la Mort rattrape les personnages. 

 

J'étais parfois obligée de poser le roman pour accomplir les tâches du quotidien et je me suis surprise à penser au roman avec beaucoup de clarté, comme s'il s'agissait d'une histoire racontée de vive voix ou d'un film. Lorsque j'ai repris le roman, de longues heures après l'avoir posé, j'ai pu reprendre ma lecture sans avoir à relire les dernières pages : l'avantage d'un roman d'aventures si bien écrit, est que l'on peut finir un chapitre et attendre avant de poursuivre, cela ne dérange en rien la bonne compréhension de l'histoire qui se déroule justement sur plusieurs jours ou semaines. 

 

Quelques mots sur l'intrigue, qui ne prête pas à sourire : quelques personnages issus de la race des Hommes, des Elfes et des Nains mettent leur vie en péril dans le but de retrouver l'assassin d'un des rois Nains, ceci dans le but de préserver la fragile paix entre les trois peuples. Malheureusement, le lecteur comprend dès les premiers chapitres que les trahisons sont plus graves que ce simple assassinat et que leur quête est perdue d'avance. La guerre entre les trois peuples est inévitable et le lecteur anticipe sur l'histoire, devinant que la disparition des Elfes et des Nains, créatures magiques et incomprises des Hommes, est proche. 

 

Cependant, malgré cette trame tragique et douloureuse, j'ai beaucoup ri au cours de cette lecture ! Jean-Louis Fetjaine glisse adroitement dans les situations les plus graves ou les plus tragiques de fines notes d'humour qui font sourire, voire carrément rire à voix haute ! Les dialogues sont terriblement bien écrits, très vraisemblables, parfois piquants et amusants. 

La plume de l'auteur est si talentueuse que les personnages prennent vie dans l'esprit du lecteur, leurs inquiétudes deviennent les nôtres et dans les situations les plus graves, l'angoisse devient palpable et le danger réel. Je repense aux marais étouffants, écoeurants de boue infecte - l'odeur putride de corps en décomposition, l'humidité des mousses vertes qui prend à la gorge - et ces milliers de moustiques partout, aveuglants, attaquants, assourdissants...

 

J'ai tourné les pages avec beaucoup de plaisir, agréablement surprise par la qualité du tout. Mon seul regret est que l'auteur n'est pas décrit avec autant de douceur, de précision et de magie le chevalier Uter, alors que les descriptions de Lliane sont si nombreuses. J'aurais aimé découvrir les prémices de l'amour chez la reine, lire ses pensées envers Uter. Ne pas m'arrêter au regard qu'elle lui porte, et pénétrer son esprit pour y découvrir une poésie amoureuse nouvelle.

 

Un certain nombre de lecteurs reprochent à ce roman son manque d'originalité : le caractère des personnages est assez succinct et attendu, les relations qui s'établissent entre-eux sont prévisibles et l'ensemble peut paraître stéréotypé. Néanmoins, les légendes, fables et contes ne sont-ils pas à l'origine des stéréotypes ? Et comment être original lorsque l'on souhaite narrer un conte qui a des des centaines d'années, qui a traversé les âges grâce aux récits ? Comment les personnages pourraient-ils être imprévisibles, alors que beaucoup connaissent déjà leur histoire ? 

Je pense que lorsque l'on choisi de lire ce genre de fantasy, il faut s'attendre à une sensation de déjà-vu, car les hommes sont baignés dans les contes et légendes dès l'enfance.

Jean-Louis Fetjaine réécrit un monde légendaire et disparu avec poésie, douceur et précision. L'univers et les personnages sont riches sans être étoffés, la plume de l'auteur est légère, et c'est pour cette raison que l'histoire se rapproche selon moi plus du conte que du roman. 

 

Le Crépuscule des elfes est un excellent ouvrage, premier d'un trilogie dont je vais continuer la découverte avec un plaisir non dissimulé.

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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 15:22
Le Lit de la Merveille, 
écrit par Robert Sabatier.

Publié en 1997.



Quatrième de couverture :

Seul, un soir, à la Comédie-Française, Julien voit apparaître une dame qu'il croyait disparue : Eleanor, cette Américaine riche et cultivée qui le logea au Quartier Latin dans les années 50. Un retour à ce passé et le lecteur suit les étapes d'intrigues joyeuses, amoureuses ou pathétiques qui se jouent entre le jeune homme et son entourage : cette Eleanor, encore jeune ; ses enfants : la ténébreuse Olivia et Roland le sportif, un hôte âgé qu'on nomme L'Oncle, médiéviste exilé, bientôt son ami.
Le mal de Julien : ses amours mortes. Sa thérapeutique : la lecture. Son entourage : l'univers du livre, auteurs, éditeurs, libraires, bouquinistes, employés, originaux et esthètes. Qu'il côtoie Alexandre Guersaint son sévère mentor, Antoine le bibliophile, et, autour de la Sorbonne, les maîtres comme Gaston Bachelard, François Perroux, ou chez Eleanor, Asturias, Darius Milhaud, Jouhandeau, une foule d'artistes, de gens du monde, d'idéalistes, Julien trouve un enrichissement, une formation.
Ses plus intenses bouleversements se situent au sein de la famille généreuse et fantasque qui l'a accueilli.
Le lecteur ira de surprise en surprise. Mais Le lit de la Merveille est avant tout un hymne au livre, au savoir, à la diversité, et cela dans un climat de charme, d'enthousiasme et de sensibilité. Robert Sabatier a écrit là le roman de l'amour du livre et c'est un livre d'amour.


Une quatrième de couverture qui tient ses promesses, c’est assez rare de nos jours pour être souligné. « Robert Sabatier a écrit là le roman de l’amour du livre et c’est un livre d’amour » : cela résume parfaitement ce merveilleux ouvrage.

Robert Sabatier a une très belle plume : aucun mot, aucune phrase ne m’a déçu, tout m’a emporté dans un flot d’amour livresque. On découvre un jeune garçon, Julien. Dès les premières pages, après quelques lignes sur son enfance, on partage la vie du personnage, entre échecs et espérances, mais surtout au travers de ses livres.
« Je devenais un piéton de Paris, un Paris où les immeubles, les statues étaient noirs, les ruelles sombres, où mon regard promeneur cherchait le spectacle, l’inattendu, la merveille. J’avais sur moi une édition minuscule des Fleurs du mal. Je connaissais par cœur des poèmes entiers : « Dans les plis sinueux des vieilles capitales / Où tout, même l’horreur, tourne aux enchantements… » Et je lisais, je lisais, m’arrêtant sur les bancs, dans les squares. Je lisais comme si je plantais des arbres dans ma terre. Chaque livre, même le plus ancien, naissait au moment de ma lecture. Je ne lisais pas pour apprendre, m’instruire, accumuler du savoir, mais pour le désir, le plaisir, « le plaisir du texte » écrirait plus tard Roland Barthes. »
Il n’y a pas d’étalement de culture dans ce livre, il n’y a que l’amour des livres peint avec des mots. Robert Sabatier a ainsi fait preuve d’une grande finesse d’écriture en évitant de nous ennuyer d’une cascade de références fastidieuses. Impossible donc de s’ennuyer, impossible de ne pas se retrouver dans la peau de Julien et, avec lui, d’aller de découvertes en découvertes.
« Je hantais le Quartier latin. Des espoirs imprécis m’y amenaient. Le boulevard Saint-Michel : librairies et terrasses de café, les secondes me paraissaient le prolongement des premières ; on y lisait, on y parlait des études, du monde. Aujourd’hui où les commerces de vêtements et de restauration rapide ont remplacé des lieux que je croyais ineffaçables ; je pense à hier comme à une préhistoire. Lorsque je regardais les vitrines des libraires, fouillais les boîtes des bouquinistes, il me semblait que, par magie, toute la science des hommes pénétrait dans mon cerveau. Les vapeurs du meilleur alcool montait jusqu’à mes narines ; je me grisais sans boire. Ce parfum mental dont a parlé Jules Romain, je le humais, je m’en imprégnais. La simple lecture d’un titre animait en moi des souvenirs, des analogies, éveillait mon désir ; je lisais une lettre d’amour. » 
« Durant le cours de mes lectures, parfois, je me sentais traversé par un rayon lumineux. J’étais chargé, comme une pile, d’une étrange électricité. L’inconnu de la vie se révélait le temps d’un éclair. Il fuyait et je devais lire et lire encore dans l’espoir d’un nouvel éblouissement, d’une nouvelle charge d’énergie. C’était comme si je cherchais mon salut dans une inhabituelle beauté. Comme si un second cœur était entré dans ma poitrine pour battre à l’unisson du mien. Comme si l’intelligence des textes ne résidait pas seulement dans mon cerveau mais dans mon corps entier.
Dois-je ajouter que cet état ne m’a jamais quitté ? Aujourd’hui encore, malgré l’âge, malgré le temps, dans ma petite officine de la rive gauche, je le connais encore. J’ai la même faim, les mêmes enthousiasmes, le même état d’attente qu’en mes jeunes années. La différence vient peut être de ce que je ne lis plus pou meubler ma solitude, mais pour accompagner le dénuement et l’abandon des autres. »
Les soucis de Julien sont ceux de tout le monde : jeune et sans expérience, dans une ville inconnue, il va tenter de trouver un travail et un petit chez lui ; puis de fil en aiguille il va se constituer un réseau de contacts, quelques amis, et les portes – doucement – vont s’ouvrir devant lui.
« Ma bourse était plate. L’automne annonçait les premiers froids. J’étais pourvu en vêtements. Pour la nourriture, j’achetais un sac de pain rassis destiné aux animaux et une boîte de bouillon Kub. Sur un réchaud à alcool, je mitonnais des panades. Pour les livres, je fus m’inscrire à la bibliothèque municipale. »
Par chance, il va réussir à évoluer dans un monde qu’il aime : celui des livres, des écrivains, des artistes. Le roman se déroule à Paris, vers les années cinquante, et le narrateur –Julien – rencontre avec insouciance des personnages aujourd’hui très connus.

« -Je ne suis qu’un amateur, je ne vais jamais jusqu’au bout des choses.

-Un de vos généraux ou maréchaux, ah ! Lyautey, se disait « spécialiste en généralités ». L’idée d’amateur me plaît. Amateur, du latin amator, et en ancien français amaor, soit amour. Un « amateur » comme un peintre du dimanche et qui peindrait tous les jours… »

« Chaque vrai lecteur pourrait conter l’histoire de ses amour successives. La lecture d’une traduction d’Anacréon m’avait fait recopier sur mon carnet cette phrase que j’adorais : « Si tu peux compter toutes les feuilles des arbres et tous les flots soulevés par la mer, je te fais le seul historien de mes amours. » Lorsque j’admirais une œuvre, je me persuadais que je n’en lirais jamais d’autre. Et moi, le fidèle à un seul souvenir, je me trompais, je trompais le livre avec un autre car une nouvelle séduction m’attirait bientôt. J’étais un sultan dans un harem de livres. J’aurais pu diviser le temps de ma nouvelle existence, non en mois, en semaines et en jours, mais en périodes de lectures. Comme Auguste Comte, j’aurais pu inventer un calendrier où, plus que les savants et les bienfaiteurs de l’humanité, les noms de mes auteurs auraient remplacés ceux des élus, de Saint Mallarmé à Sainte Colette, en passant par les hommes de l’Antiquité, du Moyen Age, de la Renaissance et des époques modernes et contemporaines. »
Je ne saurai que trop vous recommander ce très bel ouvrage : j’ai retrouvé ma passion des livres dans celle de Julien ; je l’ai accompagné dans ses déboires parisiens et j’étais assise à ses côtés, sur un banc, alors qu’il observait ce paysage des années cinquante; inconsciemment, je l’ai encouragé à réaliser ses rêves, et sur les dernières pages je l’ai détesté de connaître tant de bonheur dans un monde de plumes et de papiers. Roman d’amour, je le conseille à tous ceux qui aiment les livres.

Quelques autres citations, pour mon plaisir et peut-être le vôtre :
"Je collectionnais mes lectures comme don Juan ses maîtresses et aucune statue de Commandeur ne viendrait me punir du vice".
« Certains êtres triomphent de l’âge, dominent les métamorphoses, les reçoivent comme des hôtes et leur apportent une souriante bienveillance. »
« Je traverse Paris sous la pluie. Je suis une fourmi parmi les fourmis. L’eau me lave. Quand l’averse s’atténue, je la regrette. Dans le ruisseau, je vois un clou et je le ramasse. Je suis ce clou et je sais déjà où se trouve l’aimant qui m’attire. »
« Demande de temps en temps une augmentation, on te la refusera, mais tu auras eu le plaisir de causer un désagrément… »
« (…) la carafe embuée de fraîcheur scintillait. » 

Vous pouvez découvrir ici un autre commentaire sur Le Lit de la Merveille.
 

 --->>> Pour aller plus loin... 


Je vous invite à découvrir quelques mots sur Robert Sabatier, cliquez! 

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 12:28
La Mandarine,
par Christine de Rivoyre

Publié en 1957.
 
J'ai acheté ce roman l'été dernier, sur une brocante portuaire qui achevait, de ses stands malicieux et surpeuplés, mes plus belles vacances. J'ai vu ce livre, et je l'ai adoré. J'adore les mandarines, et la couverture du roman, si belle, si fraîche, si colorée, si "mandarinée" m'a donné faim. J'ai eu envie de dévorer ce livre. Et je l'ai bel et bien dévoré. Cette Mandarine, je vous la recommande avec gourmandise.

J'ai peur de vous parler de ce roman. Ou plutôt, de ne pas savoir en parler. L'histoire en elle-même n'est pas très originale, mais l'écriture l'est; la plume de l'auteur est savoureuse, et les petits détails font de ce petit plat un grand festin.
Je me décide : je ne vous parlerai pas de la mandarine, le secret sera préservé; mais j'évoquerai le reste de l'histoire : cela ne gâchera rien, puisque c'est le style de l'auteur qui en fait un très bon roman.

Pour découvrir l'histoire, je vous propose le résumé du Livre de Poche, bien que celui-ci - même à moi qui ais lu le roman - ne donne pas envie. Je me charge donc de le compléter ensuite =).

"Séverine, petite-fille de Mémé Boul, a dû épouser trop tôt son cousin Georges, venu aider à diriger le respectable hôtel Boulard, au lieu d'attendre de rencontrer « l'homme de sa vie ». Précipitation fâcheuse puisqu'un beau jour elle le croise dans la rue qui mène à l'hôtel. Heureusement, l'homme rêvé (encore qu'un peu chauve pour son âge) est un client du « Boulard » et, mieux encore, un ami de son frère Laurent et de sa sœur Baba. Femme d'appétit sur tous les plans ? sensuel et culinaire ? la rousse Séverine dresse ses batteries pour conquérir Toni duc de Barbarillo. Lequel, homme de volupté, répond à son manège. Au moment où elle croit triompher, coup de théâtre : Toni déclare épouser Baba. « Pour cause ». Séverine réagit en tigresse privée de son festin. Toni, Baba et Laurent partent pour l'Espagne, tandis que Mémé Boul reste avec Séverine et son chagrin. Il faut pourtant que le clan Boulard retrouve son unité : ce sera l’œuvre de Mémé Boul, reine de l'hôtel et impératrice du bon sens. Car l'équilibre et la joie de vivre jouent un rôle très important dans cette histoire à la morale des plus gaies."

Source : Le Livre de Poche, LGF

Je vous rassure : le roman n'a rien des Feux de l'Amour ! Car c'est ce que m'inspire le résumé ci-dessus, alors qu'il n'en est rien.

Le roman commence d'une manière très originale et attractive : par les pensées de Séverine - dès lors j'ai apprécié la plume de l'auteur, qui a su retranscrire des pensées de manière crédible. Après mûre réflexion, je vous propose les deux premières pages de ce roman, qui m'ont donné envie de continuer ma lecture. J'espère qu'elles vous convaincront également!

Cliquez pour agrandir !

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Le récit alterne les pensées de Séverine, dans un style parfois lapidaire correspondant parfaitement à ce que sont les pensées humaines; et la narration, souvent centrée sur un personnage en particulier. Cette écriture donne beaucoup de rythme et de vie au roman, et nous permet d'approfondir les personnages et leurs sentiments. L'écriture est très belle et très fluide, les pages se tournent toujours plus vite.
« Le pépin, la tuile. Il avait rayé le reste. Le mystère, la vie. Mais oui, la vie. A cause de Toni, une vie se préparait. Il admettait que cela se passât dans le secret d’un petit ventre indifférent. Mais c’était la vie tout de même. »
On découvre une jeune femme, Séverine, pleine de vie et de joie de vivre. Cette femme, on en suit l'évolution au fil des pages : sa vie de femme mariée, plongée dans la joie de l'habitude; les frissons qui la parcourent alors qu'elle tombe amoureuse, lentement, de Toni; sa solitude et sa détresse profonde, quand ce dernier la rejette; la dépendance qu'elle éprouve face à cet homme pour qui elle brûle; et le retour final à sa vie de couple, rythmée par l'habitude, et dont elle découvre - enfin - le bonheur. Dans le roman, tous ces sentiments s'entremêlent, se bousculent. L'écriture, dynamique, nous plonge au coeur de l'histoire : je ne me suis jamais ennuyée. 
« Je l’aime. Je l’avoue en pleurant, la tête sous mon oreiller pour que Georges n’entende pas. Quelle tête il ferait, Georges, s’il me voyait pleurer. Il serait capable de crier : « Au secours ! » à travers tout l’hôtel. Et si je le réveillais ? Si je criais au secours, moi, Séverine ? Séverine, l’amoureuse abandonnée ? Si j’obligeais Georges à écouter le récit de ma peine, si je le forçais à me ramener Toni, mort ou vif ? Va-t’en, Georges. Je veux Toni à ta place, là sur l’oreiller. Je veux son corps encore inconnu contre le mien, je veux réapprendre l’amour avec lui. Va-t’en, Georges, tu as eu ton lot. Dix ans. Tu ne trouves pas que c’est assez ? Moi, je trouve que c’est trop. (…) »
Autour de Séverine gravitent d'autres personnages : son mari, Georges, à la fois effacé et mis en valeur dans le roman - tout un art -; Laurent et Baba, son frère et sa soeur, dont l'importance n'est jamais négligée; Mémé Boul, deuxième personnage principal, que j'ai réellement aimé découvrir; Toni, inqualifiable; et quelques autres personnages de l'Hôtel Boulard.

Je vous propose quelques extraits, piochés au hasard, qui j'espère pourront vous convaincre de la belle plume de l'auteur :
« Elle lui parut, cette femme vieillissante, avec les plis de son cou qui lui faisaient comme un collier et ses chichis en forme d’éclairs au café, elle lui parut l’image de la bonté. »
« Mémé Boul venait droit sur eux, de son pas à la fois fier et balancé, grâce à quoi la petite traîne de sa robe chantilly obtenait tout l’effet désirable. Ses beaux cheveux montés en neige, le serre-cou brodé lançant mille feux, elle rayonnait de cette allègre majesté qui lui était si particulière et devant laquelle ses petites-filles s’effaçaient. »
« Baba, dit Toni, tu as l’air, dans cette robe, d’un presque papillon, d’un papillon qui hésite au seuil de la métamorphose … »
« Ses mains caressaient le clavier, il n’avait plus peur, il n’était même plus las, la musique qu’il faisait jaillir recouvrait comme une eau très douce jusqu’au souvenir de son enfance. Au bout de ses doigts naissaient des notes, des harmonies, de savants océans de sons dont il était le maître, l’artisan-né, l’amoureux. Son bonheur, c’était cela sans doute, de voltiger assis, sans mémoire, sans but, au gré de sa propre musique (…) »
« Où se rejoignent les mots et la chair ? A quel moment, par quelle alchimie, une phrase devient-elle frisson, froid dans le dos ou bouffée de chaleur ? Comment s’y prend-elle pour éveiller, plus confus encore et plus lent, ce désordre de la peau qu’on nomme le trouble ? "
En conclusion, Christine de Rivoyre a su écrire un très bon roman, exploitant de manière originale un scénario usé - celui d'une femme mariée, qui tombe amoureuse. Elle nous épargne les clichés habituels sur les amants, sur la culpabilité ou encore sur l'Amour, et nous propose une histoire rafraichissante pleine de joie de vivre. 


 --->>> Pour aller plus loin...


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9 janvier 2010 6 09 /01 /janvier /2010 15:08
Les Frères Whiteoak,
par Mazo de la Roche

Publié en 1927.


Mazo de la roche écrivit seize romans dans la série connue sous le nom de la série des Jalna ou lesChroniques des Whiteoak (Whiteoak Chronicles). Cette série raconte l'histoire de la famille des Whiteoak pendant un siècle, de 1854 à 1954. La série des Jalna s'est vendue à plus de 11 millions d'exemplaires, dans 193 éditions en anglais et 92 éditions étrangères. 
Mon exemplaire, ci à gauche, a été édité en 1954! Comme en témoigne ceci : "Droits de reproduction et de traduction réservés pour tous les pays, y compris l'U.R.S.S"

Mon avis : j'ai été étonnée! Positivement, étonnée!.. J'ai acheté ce roman l'été dernier sur une brocante, suite à la lecture d'une page qui m'a paru bien écrite (c'est souvent ce que je vérifies : que la plume de l'auteur me plaise!). Je l'ai saisi de ma bibliothèque hier, et j'ai découvert à la troisième page : "Découvrez les autres tomes de la série des Jalna!"...naaaaaaaan!! Hélas! Je tenais entre mes mains le sixième tome de la série, série que je n'avais bien sûr jamais lue.

Que faire? Je repose le livre ou j'en essaye tout de même la lecture? Soyons folle ^^ : je tente. Par chance, les tomes sont indépendants les uns des autres, et peuvent donc se lire séparément!

Dès les premières lignes, j'ai aimé.
"Jalna, 1923.
Tandis qu'il s'habillait, ce matin-là, Finch Whiteoak remarqua un changement dans l'aspect de ses mains. Il s'étonna de ne pas l'avoir observé plus tôt. Elles semblaient avoir soudain, d'un jour à l'autre, pris une forme longue et mince, les doigts finement articulés, les articulations plus saillantes, le pouce plus différencié. Elles avaient l'air de mains capables de faire quelque chose de valable. Il sourit d'une oreille à l'autre à cette idée."
J'ai trouvé l'écriture très belle, fluide et sincère. Elle m'a saisi au passage et emporté vers la suite de l'histoire.

Le roman m'a captivé. On y découvre une famille, les Whiteoak; chaque personnage a des caractéristiques physiques et une personnalité propres que l'on découvre au fil des pages. Je pense que l'attractivité du roman réside en ce dernier détail : Mazo de la roche ne nous donne pas un pavé descriptif pour chaque personnage, mais nous laisse plutôt le découvrir et nous y attacher petit à petit. Se mêlent ensuite différents petits événements qui nous font découvrir les personnages plus en profondeur et nous entraînent vers la suite...

J'ai beaucoup aimé l'événement principal du roman : Eden, un des frères Whiteoak, rencontre un personnage extérieur à la famille qui lui raconte la découverte d'une mine d'or et le persuade qu'il y a beaucoup d'argent à ce faire en investissant dans cette dernière. Le problème : Eden n'a pas d'argent; le personnage va alors lui conseiller de parler de cette 'opportunité' à ses proches, lui promettant une belle commission sur les actionnaires qu'il apporterait à la mine. L'histoire devient alors très intéressante, car Eden va réussir petit à petit à convaincre différents membres de sa famille, mais tout ça dans le plus grand secret... Il doit donc veiller à ce que chacun respecte sa promesse de garder le secret, ce qui est loin d'être facile, d'autant qu'il a mis sa grand-mère de pratiquement cent ans dans le secret!

A côté de cette histoire, s'en profile une autre : un des frères va connaître les prémices d'une histoire d'amour avec une jeune fille de deux ans plus jeune... Très franchement, j'ai eu peur de trouver cela exagéré ou cliché, comme dans les romans actuels...Mais en réalité il n'en est rien, et toute les détails sont très bien racontés et parfaitement choisis!

J'aurais encore beaucoup de petites histoires à vous raconter, mais cela gâcherait votre lecture!

Je souligne à nouveau l'écriture du roman, qui est vraiment très belle et soignée.

Quelques citations :
« Comme beaucoup trop souvent, le printemps semblait répugner à se manifester. Tel un poussin dans un œuf à coquille dure, il picotait légèrement la résistante coquille de l’hiver et l’on percevait à peine son humide présence infantile. Puis, apparemment découragé, il restait quelque temps pelotonné, immobile, comme s’il ne devait jamais éclore. Finalement, au lendemain d’une nuit de vent et de pluie, à la fin d’avril, il émergea tout à coup, après s’être péniblement tortillé et débattu, et on le vit perché sur la terre, son pâle plumage doré séchant au soleil, ses yeux semblables à de petites mares luisantes. Et, pareilles aux débris de la coquille qu’il avait brisée, des plaques de neige et de glace souillées reposaient dans les creux. »
Petit passage qui m'a fait rêver... Les vieux livres anciens, poussiéreux et remplies de vieilles photographies...
« Il emprunta à son oncle des livres sur Paris. Ernest lui montra un vieil album de photographies et de cartes postales illustrées de Paris, des Rivieras française et italienne, de Florence, de Rome et de Sicile, et, tout en les regardant avec Eden, il lui lut des passages d’un journal qu’il avait tenu au cours de ses voyages. »
Un passage descriptif sincère :
« L’air était plein des lourdes senteurs de la terre. La maison, toute éclairée, paraissait plus grande qu’elle ne l’était. Au moment où ils atteignirent le porche, les feuilles mouillées de la vigne déversèrent un petit déluge sur leurs têtes. »
Une très belle métaphore :
« Puis il s’entendit commencer à jouer, doucement, d’abord, un air exquis, chantant, semblable aux premiers ruissellements des cours d’eau gelés, au printemps. Puis la musique devint plus forte, tandis que d’autres rivières apportaient le concours de leurs eaux. Graduellement, le volume s’en accrut jusqu’à ce que tous les fleuves, libérés, se missent à rugir, dans leur exaltation. Le corps de Finch oscilla, ses mains s’élevèrent très haut et retombèrent sur le clavier avec un fracas assourdissant, lorsque, la glace s’étant brisée partout, les eaux des plaines d’inondation se précipitèrent dans la mer avec un élan féroce…»

--->>> Pour aller plus loin...

-Pour découvrir l'auteur, Mazo de la Roche ->  cliquez ! 

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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 13:24
Amarok,
par Bernard Clavel

Publié en 1989.
 
Je vous invite à découvrir, à travers ces quelques mots, un livre bouleversant. Certainement le plus merveilleux livre qu'il m'ait été donné de lire.


Pas de quatrième de couverture,
mais plutôt quelques mots de Jean-Claude le Covec, du Figaro Magazine.


"Amarok, chien de trappeur, avec son animalité chaleureuse, est le trait d'union vivant entre l'homme du Grand Nord et les horizons glaciaires, désolés, où il se plait pourtant à vivre. Son maitre, soixante ans, pionnier des rives de l'Harricana, protège la fuite du fils d'un de ses amis, coupable du meurtre involontaire d'un agent de la police montée. La banquise immaculée de la baie d'Hudson continue d'exercer une séduction irrésistible sur le trappeur canadien. C'est son royaume. Cet amour mystique entre l'homme et la nature, Bernard Clavel, livre après livre, en perfectionne la narration. Son lyrisme est toujours aussi envoûtant."


Très difficile pour moi de trouver les mots corrects pour vous parler de cet ouvrage...

Les quelques mots que j'ai retranscrits ci-dessus vous permettent de comprendre globalement l'histoire...mais c'est tellement, tellement plus que ça!! Ne vous y méprenez pas : ce livre n'est pas une enquête policière, ni une lutte criminelle : c'est un éloge de la vie, de l'humanité, de l'animalité, de la fraternité et du Grand Nord.

Les premières pages de ce roman m'ont totalement déroutées... On entre dans l'histoire de but en blanc, presque brutalement. L'histoire? Oui et non, car on ne sait rien, on découvre. L'écriture de Bernard Clavel est très particulière, assez brutale, elle est en réalité en adéquation totale avec les personnages. C'est la réalité qui est retranscrite. Tout y est très fort : les descriptions, les personnages, les événements, les sensations, les paysages,... J'ai été transporté dans le Grand Nord canadien, parmi des personnages rudes mais très humains.
"La poitrine du trappeur se gonfle pour un profond soupir. L’eau a ruisselé et des gouttes dorées tremblent dans ses poils blancs tout frisés. Il ne porte qu’une espèce de caleçon allant jusqu’au-dessous des genoux. Le tissu tendu moule ses cuisses dures. Se tournant vers sa couchette, il se penche pour chercher ses vêtements. Sur son large dos, les muscles roulent. La clarté de la lampe y trace un instant un sillon pareil au reflet mouvant de la lune sur un lac remué de houle. Il enfile un épais tricot de laine sans forme ni couleur précises. Il passe un pantalon de gros velours lustré aux genoux et sur les cuisses, chausse des galoches."
Tout va très vite dès le départ. On lit le récit d'une bagarre - un agent de police va décéder par la suite de ses blessures -, les personnages se multiplient et les avis se confrontent, dans un franc-parler très réaliste. Amarok est très peu présent, mais déjà on apprend à le connaître.

Très vite également, on entre dans le Grand Nord canadien. La plume de Bernard Clavel est majestueuse : l'auteur ne veut pas seulement nous faire entrer dans l'histoire, parmi les personnages, il désire nous attirer dans le Grand Nord. Les paysages ont défilé devant mes yeux alors que je lisais les descriptions magnifiques qui en sont faites. J'ai entendu le Nordet souffler au travers des forêts.
"Vers le milieu de la matinée, le ciel se déchire. Un coup de vent porteur de lumière passe par l’accroc pour balayer la forêt puis le lac d’un pinceau soyeux. Les brument se lèvent."
"Le déluge s’est installé. Son train régulier devient le seul bruit. Un roulement continu fait de mille notes différentes dominées par la basse des tôles qui résonnent. Les feuilles rousses ou blondes encore accrochées aux branches tombent comme si le poids de cette eau les entraînait vers la mort enfouie sous le sol de cette île. Ils attendent, pareils à trois bêtes somnolentes. De temps en temps, Amarok pousse un énorme soupir sans décoller sa tête de ses pattes. Quand, parmi ce concert d’égouttements et de ruissellements, un bruit lui paraît suspect, il se redresse, ses oreilles pivotent deux ou trois fois, puis il se recouche, un peu déçu."
"Raoul descend tranquillement l’Harricana. Il se tient au milieu, où le courant pousse le plus fort. Les berges sortent peu à peu du tissu serré de l’averse pour venir à sa rencontre. A mesure qu’il avance, la nuit fait comme lui. Lentement, elle gagne du terrain. Elle sourd des buissons, des arbres, des nuées invisibles et du fleuve pour s’installer partout. Raoul la voit venir avec joie. Quand elle sera là, il n’y aura plus aucun risque de rencontrer personne."
Le roman est passionnant. Au fil des pages, les descriptions et les événements s'entremêlent, grâce à des mots très bien choisis. Tout y est réaliste et très beau, même le mal.

« - Ecoute-moi, maudit fou !

Catherine est redevenue soudain la sœur aînée ; la femme raide comme un pieu, devant qui tout le monde a toujours plié. Le métal de son regard luit, ses rides expriment la volonté, le besoin intense d’être entendue. S’approchant de son frère, elle l’empoigne par les revers de sa grosse veste et le secoue. Il y a dans ce geste tout l’amour que le regard et la voix se refusent à exprimer. »

« Le nordet a eu vite fait de nettoyer le ciel. Le givre n’a duré que quelques heures. Un grand soleil s’est levé derrière la forêt dépouillée et luisante. Depuis, les nuits sont froides. Les journées lumineuses avec de longs passages de feuilles roux et or que des rafales soulèvent du sol. Ils traversent les terres nues de Val Cadieu comme un reste d’automne s’enfuyant devant l’hiver. Les arbres sont scintillant ; la glace friable dans les ornières et les creux. »

Amarok n'est jamais au premier plan, ce contraste par rapport au titre du roman m'a étonné. Mais y a-t-il vraiment un personnage principal? Ce que l'on ressent, c'est la fraternité qui unit les personnages. Ils sont égaux face aux problèmes et au Grand Nord, ils s'entraident, se soutiennent. Une belle leçon d'humanité et de fraternité, mais également d'animalité : Amarok les protège. Toujours, il veille. Son maître lui accorde une totale confiance, et très vite on peut se rendre compte de l'amour qui les lie.

« Amarok ne dort pas. Depuis longtemps, les autres chiens se sont tus et c’est la respiration de la forêt qu’il écoute. Son bruissement presque métallique. De temps en temps il se lève, secoue le givre de sa toison et fait à petits pas silencieux le tour de l’écurie et de la maison. Puis il revient s’allonger contre la porte. Il respire avec délices ce vent venu des immensités du Nord, et qui apporte l’hiver. »

Amarok prend plus de place au fur et à mesure du roman; roman qu'il faut lire pour comprendre à quel point les mots utilisés à son propos sont forts. Grâce à Amarok et à son maître, on apprend quantité de choses sur les chiens de traineaux, et notamment sur la manière de diriger ces derniers.

Les événements sont parfois très durs. Timax, en fuite, apprend que l'agent de police est décédé. La folie s'empare alors doucement de lui. Les passages sont très bien écrits, les descriptions collent à la réalité et les émotions n'en sont que plus fortes. On comprend le désespoir de Timax, mais encore plus celui de son ami et protecteur Raoul. La peur, le désespoir, l'amitié, le courage : les sentiments nous atteignent tous sans distinction aucune.

« Comme Raoul s’approche de lui, il se lève et, pareil à un enfant qui fuit les coups, il tourne autour de la table en implorant :

-Me touche pas… m’approche pas… Je suis un assassin !

S’immobilisant soudain, il pousse une sorte de hurlement de rage et empoigne à deux mains le devant de sa chemise qu’il déchire. Raoul fait trois pas rapides et le gifle deux fois à toute volée.

Les cris cessent aussitôt. Sa bouche s’ouvre comme s’il manquait d’air, ses yeux égarés, encore pleins de larmes, expriment un immense étonnement. Ses bras tombent, ses mains énormes s’ouvrent et lâchent les morceaux de tissu. Raoul s’approche encore et, le prenant dans ses bras, maladroit, il le serre contre lui de toutes ses forces. D’une voix qui tremble il souffle :

-On va partir tous les deux. On va foutre le camp au nord. Tout au nord. Y pourront jamais nous avoir…Jamais. »

C'est un roman très réaliste : rien n'est trop bon, rien n'est trop mauvais. A la folie et à la peur de Timax se mêle la beauté du paysage.

« La forêt est bavarde. C’est une belle nuit pour marcher, pour s’asseoir et écouter. Pour aller son petit train solitaire, sans hâte ni crainte. En ce moment, le trappeur se trouve juste à la frontière des bruits. A l’endroit où ils se rencontrent, se heurtent, se repoussent et finissent par se marier. Celui de la forêt paraît plus puissant que celui du fleuve, pourtant, il ne l’écrase pas totalement. Que ce soit dans les arbres ou sur l’eau, c’est toujours le vent qui va de la gueule, mais avec un langage différent. Le dialogue n’est jamais régulier. Il passe de la joie à la colère. Raoul connaît ses propos depuis toujours ; à chaque départ il les retrouve avec le même bonheur. »

Je souligne le passage ci-dessous qui m'a marqué; les écrits français sur les impressions des Canadiens suite aux Grandes Guerres sont en effet trop rares :

« -Je ne sais pas trop bien ce que c’est, le nazisme. Mais je me souviens de l’autre guerre. C’est pas si loin. Les émeutes à Québec, de ceux qui voulaient pas partir. Et tous ces jeunes qu’on a envoyés se faire tuer, puis les estropiés et toute cette misère. A quoi donc que ça a servi, si on se remet à nous chanter la même chanson !

Catherine, qui a semblé un moment inquiète, se redresse sur sa chaise.

-Vous avez raison, Marceline. Les Français nous ont laissés tomber ! A présent qu’ils sont du côté des Anglais, s’ils ne sont pas assez malins pour régler leurs comptes avec Hitler, c’est pas à nous de nous en occuper.

-Certain que si les pauvres gars qu’on a fait débarquer à Dieppe, au mois d’août, étaient partis dans le bois, y en aurait pas un millier de tués. »

Je ne peux pas vous en dire plus. Je n'ai pas pu décrocher des dernières cent pages. Je me répète, mais à nouveau je le souligne : tout est très fort dans ce roman. Les dernières pages m'ont provoqué quelques larmes, ce qui est rare me concernant... Elles soulignent ainsi le talent de l'auteur qui a su décrire des événements tragiques avec beaucoup de beauté et de douceur.

Ce roman a su m'éblouir. Les sentiments, très forts, m'ont bouleversés, notamment ceux qui unissent Raoul et Amarok. La force du roman réside, je pense, en son réalisme : les dernières pages marquent bien ce choix d'écriture, où l'on comprend que la vie continue quoiqu'il arrive.

Enfin, je tiens à souligner que ce roman n'a strictement rien à voir avec Croc-blanc de Jack London, que je n'ai malheureusement jamais pu apprécier.

 

Découvrez un autre avis sur ce roman : cliquez !

 

--->>> Pour aller plus loin...
 

-Ce roman est en fait le quatrième tome de la série Royaume du Nord de Bernard Clavel. Je n'en savais rien, et j'ai lu ce livre en premier. Peu importe : les romans sont quasi indépendants les uns des autres! Toutefois, les autres tomes sont à découvrir... Je vous invite à consulter cette bibliographie très claire, où vous pourrez trouver, non seulement tous les autres titres de la série, mais également d'autres séries écrite par Bernard Clavel : la bibliographie.

-Pour découvrir Bernard Clavel, c'est par ici : la biographie 

-Découvrez la signification de "Amarok" : cliquez ! 

-Je vous invite également à vous tenir informé : Bernard Clavel est un écrivain actif, et ses livres sont toujours publiés... (le plus récent : novembre 2009)

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A l'honneur : la littérature "jeunesse" !

La littérature jeunesse est mise à l'honneur ! Une nouvelle catégorie lui est dédiée !

Je vous invite, chers lecteurs, à feuilleter quelques jolis ouvrages colorés et à découvrir de merveilleuses histoires pleines de rêves et d'aventures !

De belles idées pour nos adorables petits anges, et un soupçon de tendre nostalgie pour les plus âgés !

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