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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 12:30

Je suis l'Homme le plus beau du monde


Ecrit par Cyril Massarotto, 2010.

 

 

 

http://2.bp.blogspot.com/_3p_JxBLXpdQ/TMlFoHzPKkI/AAAAAAAAA00/WTBV1NS8KFw/s1600/je+suis+l'homme+le+plus+beau+du+monde.jpg

Quatrième de couverture : 


Cet homme est une légende. Pourtant, il rêve de disparaître. Et quand il rencontre enfin sa raison de vivre, il est peut-être déjà trop tard...
« Aussi loin que je me souvienne, j ai toujours été beau. Je dis beau, mais dans la bouche des gens j entends plutôt canon, magnifique, sublime, incroyable. Plus généralement, en me voyant, les gens disent : « Waouh ! »
Ces mots, je les ai entendus dans toutes les langues, sur tous les tons. On me les a dits en pleurant, en hurlant, ou juste avant de s¹évanouir. On me les a dits à voix basse, sans oser me regarder, ou en écarquillant grand les sourcils.
Je suis l Homme le plus beau du monde.
Bien sûr, je suis malheureux. »

 

 

 

Après La Tombe des lucioles, une nouvelle japonaise bouleversante au texte très imagé et riche en émotions, j'avais besoin d'une lecture plus légère. Cela faisait bien longtemps que j'avais dans ma bibliothèque L'Homme le plus beau du monde, de Cyril Massarotto : la quatrième de couverture laissait présager une lecture facile et agréable. J'avais déjà lu Cent pages blanches, du même auteur, je savais donc à quoi m'attendre : une écriture fluide, très facile à lire, des pages qui s'enchaînent sans difficulté et une petite histoire sympa ! Ce n'est pas ce que j'appelle de la grande littérature et je n'en suis habituellement pas très friande, mais après avoir lu Akiyuki Nosaka, cette lecture était la bienvenue !


Le premier chapitre s'ouvre sur un petit garçon qui ne vit pas comme tout le monde, car il est beau. Nous découvrons donc à la fois cette extraordinaire beauté et ses malheureuses conséquences sur l'univers de ce petit homme : une foule en adoration, des émeutes, des morts et des blessés, pour finir par l'isolement. Etre unique, c'est aussi être seul. Les chapitres suivant survolent rapidement son adolescence et permettent au lecteur de comprendre la personnalité de cet homme, qui sera mondialement connu comme le plus beau du monde par chaque personne de chaque pays, au travers des médias et d'une émission de télé-réalité. Pour résumer le livre sans trop en dévoiler : la deuxième partie du roman est consacrée aux tentatives de cet homme de se libérer de son magnifique fardeau, et enfin accéder au bonheur d'une vie simple et sans artifice. A noter, un regrettable effet de répétition entre cette première et deuxième partie : une redite certainement désirée par l'auteur, mais qui ajoute une certaine lourdeur au récit. 


Une écriture fluide, un vocabulaire très accessible, une syntaxe ordinaire : impossible d'éprouver la moindre difficulté lors de cette lecture ! J'ai malgré tout passé un bon moment, car si l'écriture n'est pas de qualité, les nombreuses péripéties m'ont captivée : je me demandais jusqu'à quels extrêmes l'auteur mènerait son récit ! Car il s'agit bien d'extrêmes dans ce roman caricatural de notre société de consommation : tout y est exagéré ! Les effets de mode, les médias, le comportement de l'individu lambda : Cyril Massarotto, sarcastique, tourne en dérision les dérives actuelles de notre société. J'ai refermé ce livre songeuse, car malgré l'absurdité de certaines situations, malgré l'évidente exagération des comportements, la proximité entre ce texte et notre réalité est tout de même très mince. Et cela me fait peur.


Un roman facile à lire et qui a donc répondu à mes attentes du moment !


"Adam dit que quand Elizabeth retourne à son appartement, le soir, elle emporte mon sourire avec elle. C'est vrai que mon bonheur, il dort en bas, à côté d'elle"


 

 

Je remercie chaleureusement   http://generation-ecriture.com/xo-editions_logo.jpg ainsi que http://a34.idata.over-blog.com/500x115/2/77/77/84/Images-diverses/Blog-o-book.jpg pour ce moment d'évasion !

 

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18 septembre 2012 2 18 /09 /septembre /2012 17:58

 

L'Odyssée


Ecrit par Krystin Vesterälen (2012)


 

 

http://i31.servimg.com/u/f31/17/71/87/99/1ere_c10.jpg

Quatrième de couverture : 


Pourquoi retranscrire l’Odyssée alors que le récit existe depuis des siècles dans les livres ?

 
Car avant qu’un poète ou un groupe de poètes écrive la version si connue, ces récits étaient véhiculés dans l’oralité. Alors pourquoi ne pas rendre à « César » ce qui appartient à « César »Loin de moi de renier tout le travail de divulgation qui a été fait durant ces siècles à travers les traductions, les adaptations théâtrales et cinématographiques. Sans ces travaux, ce récit serait tombé peut-être dans les oubliettes du temps. Quoique je ne le pense pas car la tradition orale continue son œuvre depuis que l’homme est homme. Le simple fait d’avoir été capturé par les « experts », les « scientifiques » pour les connaissances et les sciences de ce monde ancien, rendu ensuite sur un plan savant, pédagogique pour sa transmission … n’autorise plus une écoute simple, un imaginaire. 

 

 

Un petit livre de 100 pages, toutes pages incluses (introduction, lexique, bibliographie, présentation de l'auteur, etc.) Présenté comme un livre-réflexion, j'étais intriguée par cet ouvrage qui promettait une belle découverte : je cite la quatrième de couverture "Ce recueil comprend aussi un lexique, des éléments techniques pour contrôler l'énergie, la voix... et les réflexions durant une vingtaine d'années qui m'ont accompagnée pour conter au mieux ce récit."

 

 

Eh bien, je ne vous cache pas ma déception. Je peine à trouver mes mots, tant ce livre est creux. 


Certes il y a un lexique : il présente, en trois lignes environ, chaque personnage de l'Odyssée. Je ne me suis pas attardée dessus, puisque je connaissais déjà cet ouvrage. Et puis, quel intérêt à ce lexique, quand l'auteur avoue elle-même, en première page de remerciements, "Je remercie le site Wikipédia pour son aide précieuse qui m'a été utile dans la formulation des mots du lexique (...)". Pour moi, Wikipédia n'est pas une référence et ne remplace en rien la consultation d'une véritable encyclopédie. D'autant plus qu'il existe un merveilleux, j'ai presque envie d'écrire un mythique dictionnaire du monde grec ! Ayant étudiée en Prépa' littéraire, j'ai étudié durant quatre mois les dieux grecs, et cet ouvrage - consultable en ligne - était et reste une excellente référence. 


Si vous souhaitez enrichir vos connaissances et consulter ce rare ouvrage, sachez que le Dictionnaire des Antiquités Grecques et Romaines a été numérisé par des enseignants, afin que chacun puisse y accéder : ici . J'espère que l'auteur de L'Odyssée, Krystin Vesterälen, en prendra connaissance !

Si ce dictionnaire vous semble rébarbatif - bien que la lecture n'en soit pas très difficile - sachez qu'il existe de nombreux ouvrages de vulgarisation, et que les rayons "jeunesse" des bibliothèques proposent des ouvrages de qualité pour découvrir d'une manière agréable et facile les chants Homériques.


Revenons aux "éléments techniques pour contrôler l'énergie, la voix..." : grosse déception au rendez-vous, puisque l'auteur ne dédie que cinq pages, très aérées, à ce sujet. Cinq pages de questions/réponses : l'auteur s'interview elle-même afin de faire découvrir à ses lecteurs son état d'esprit et sa manière de conter. J'étais cependant loin de la découverte ! L'auteur survole les difficultés, survole les sensations, survole les émotions ! Je me suis sentie frustrée de ne pas pouvoir en savoir plus, de ne pas avoir la possibilité de comprendre les mécanismes de la voix. L'énergie dont il est question est si mal et si rapidement décrite, qu'il est impossible d'imaginer ce que peut ressentir l'auteur lorsqu'elle conte L'Odyssée, ou tout autre récit. 


Ce chapitre se termine tout aussi rapidement qu'il a commencé, pour laisser place à une partie intitulée "Qui sont les personnages pour moi?". Cette partie est fort peu intéressante. Je l'ai lu jusqu'au bout dans le doute : j'imaginais un rebondissement, je m'imaginais captivée par les mots, prise d'un soudain intérêt. Il n'en fut rien. Le titre de ce chapitre est cependant très bien choisi, puisque l'auteur expose brièvement ses convictions à propos d'Ulysse, de Pénélope, de Calypso, de Circé et de Nausicaa. Nous sommes cependant très loin de l'analyse littéraire !! Vous avez probablement déjà entendu une amie vous donnez son avis à propos d'un série télévisée? "Ah oui mais tu vois, machin pour moi c'est le genre de femme...blablabla...alors que truc, ben c'est plutôt le type de mec qui...blabla" : je suis certaine que vous vous figurez très bien cette conversation, eh bien, c'est ce qu'à écrit l'auteur. Des réflexions peu profondes sur un récit qui mérite pourtant une analyse plus poussée. Le genre de réflexions que l'on peut entendre partout. 


D'ailleurs, quand j'écris que l'on peut entendre ce genre de réflexions partout, ce n'est absolument pas imagé, puisque l'écriture elle-même reflète la pensée populaire : les phrases sont mal construites, tant au niveau de la syntaxe que de l’orthographe ! La concordance des temps n'est pas respectée ! Un effort de relecture serait fortement apprécié. Même la quatrième de couverture contient des fautes d'orthographe ! Le plus flagrant, au fil des pages, est l'erreur de syntaxe dans l'expression de la négation. La ponctuation a également été négligée, et ce défaut de rythme rend la lecture plus difficile. 


Je me suis d'ailleurs interrogée, durant cette lecture : ce style peu travaillé, peu soigné, était-il voulu par l'auteur? Car celle-ci est conteuse. L'auteur cherchait-elle, en écrivant cet ouvrage, à donner l'illusion que les mots étaient parlés?


Enfin, nous attaquons le morceau principal du livre : "L'Odyssée, librement contée d'après la version d'Homère".


Là encore, une réelle déception. La quatrième de couverture annonçait la couleur :"Le récit que vous allez lire a été enregistré il y a dix ans." Il s'agit donc d'un enregistrement qui a été couché sur papier. Eh bien, cela se ressent. Ce n'est pas agréable à lire, je dirais même que la lourdeur des phrases bloque l'imaginaire. Lorsque l'on écrit, on ne peut, on ne doit pas s'exprimer de la même manière qu'à l'oral ! Je crois sincèrement que l'auteur n'aurait pas dû faire ce choix d'une transcription, et aurait dû, au contraire, diffuser son livre sous forme audio ! L'entendre conter l'Odyssée aurait probablement été une belle expérience, du moins c'est ce que laissent présager les cinq pages introductives de ce livre, alors que l'auteur tente d'expliquer ses jeux de voix et l'énergie qu'elle ressent et transmet au travers du récit.

 

La transcription gâche le récit : j'ai eu l'impression de lire un mauvais résumé de l'Odyssée, à la ponctuation peu soignée et à la typographie étrange. Le récit ne chantait pas, ne résonnait pas en moi. J'encourage donc vivement Krystin Vesterälen a repenser son livre : soit, prendre le parti de le retravailler à l'écrit, pour qu'il soit agréable aux yeux et que l'esprit puisse vagabonder entre les lignes; soit, choisir de diffuser une version audio de ce récit et ainsi permettre à chacun de découvrir son talent de conteuse. 

 

En définitive, la bonne question à vous poser, avant de vous lancer dans la lecture de cette ouvrage : "Quelles sont mes attentes?".

En effet, si vous ne connaissez rien des chants Homériques, qu'Ulysse et Pénélope vous sont inconnus, alors je crois que cet ouvrage sera pour vous une belle découverte.. bien que la lourdeur des phrases, les erreurs d'orthographe, de grammaire et de syntaxe soient réellement désagréables.

Car vous découvrirez, très sommairement et facilement, l'univers d'Homère. L'ouvrage pourraît être pour vous un avant-goût d'une future lecture plus enrichissante.

A contrario, si vous avez déjà quelques notions de cette épopée, que vous avez lu dans votre passé une version de l'Odyssée - que ce soit une version "jeunesse" ou une version plus "officielle", vous risquez fort d'être déçu par cet ouvrage.


Je remercie vivement Krystin Vesterälen, http://2.bp.blogspot.com/-oKrClsOmMb4/T_1E_kOQOyI/AAAAAAAADmM/KVi6jABSLiA/s150/logo%2Bplumes%2Bd%2527ocris.jpg et http://i87.servimg.com/u/f87/12/37/52/41/i_logo10.jpg pour cette lecture, qui m'a donnée l'envie de relire une bonne traduction des aventures d'Ulysse !

Si vous souhaitez lire d'autres avis, je vous invite chez Lily ou chez Sergeléonard

 

 

 

 

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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 15:46

Fruits & légumes,

Ecrit par Anthony Palou, publié en août 2010.

 

 

http://www.albin-michel.fr/images/couv/5/8/1/9782226215185g.jpg

 

Quatrième de couverture :

 


Entre dérision et nostalgie, cette chronique sociale et familiale est avant tout la radiographie d’une époque. Celle des années 70, période d’insouciance qu’Anthony Palou évoque à travers l’essor et le déclin d’une "dynastie fruitière", qui a fui l’Espagne franquiste pour faire fortune en France avec sa soupe catalane.
Sur un ton à la fois drôle et lucide, l’auteur de Camille, prix Décembre, exprime avec tendresse la pudeur des déclassés, la fin des illusions et l’apprentissage de la mélancolie.

 

 


      "Les souvenirs ont toujours quelque chose de complaisant et de répugnant : comme si on léchait de la poussière."

 

Imaginez. Vous prenez le train, seul(e). Un long trajet s’offre à vous, cadeau obligé vers un ailleurs lointain. Soupirs. Un livre est posé sur vos genoux ; sa couverture, clin d’œil invisible, vous invite à tourner les pages. Le paysage défile sur votre droite en folles taches de couleurs, aquarelle floutée. Des murmures chassent vos pensées, un homme investit l’espace ; il cherche à s’asseoir et bouscule les idées, le frottement de ses bagages irrite le silence. Dans le chaos des esprits, il s’installe à votre gauche. Sourcils froncés, fâché(e) de ce désordre, vos yeux s’attardent délibérément sur les ombres mouchetées des grands chênes.

 

 Il parle. L’inconnu vous parle.

 

Alors que vous lui adressez un regard irrité, son sourire bienveillant vous défie. Les mots jaillissent en cascade de sa bouche, océan de douceur qui vous immerge dans les profondeurs de son existence. L’Espagne, la France. Le parfum subtil des oranges s’immisce dans vos pensées.

 

« Mon Espagne fut celle de Franco. Celle de la terre battue, des ânes, des Vespa, des tricycles à moteur transportant citrons, mandarines, des Seat 500 et 600, des carrioles, des types au teint verdâtre écartant le rideau de perles d’un bistrot vide. Mon Espagne empestait la pompe funèbre, l’urine et le flamenco, danse la plus sinistre qui soit avec le tango et la gavotte. Odeur de ces vieux cigares qui sentaient la concession à perpétuité. Des ombres de femmes longeaient les murs. Des hommes à la moustache et aux yeux noirs attendaient toute la journée sur des chaises. Quoi ? L’Espagne était une salle d’attente. Elle attendait mollement la mort du Caudillo. »

 

Peintre littéraire, il crayonne une fresque historique singulière et façonne votre imagination. Souvenirs d’enfance, bribes d’un passé heureux, vestiges d’une époque : le flot de ses paroles vous transporte dans le passé. Espagne franciste, petite bourgeoisie des années 60. Se laissant emporter par le sentiment de nostalgie qui le submerge, il ferme les yeux et raconte(…).


 halles.jpg


« Devant les halles, sous un coin de toiture, entre un faux aveugle accordéoniste et un volailler sale comme un peigne, il installa deux planches et un tréteau. Le spectacle pouvait commencer.

Les cageots étaient soigneusement rangés les uns contre les autres et les légumes artistiquement placés façon impressionniste. Le rouge des tomates tout humide de rosée faisait ressortir le corail des poivrons. Le jaune paille des oignons associé au vert des concombres, au pédoncule des aubergines, vision pastorale d’un sentier automnal. L’orange coriace des carottes en bottes côtoyait le mauve violacé des betteraves cuites et le noir terreux des radis à peine sortis de terre. Fabuleux architecte, grand-père peignait des natures mortes. »


 Négligeant la chronologie, il entremêle les souvenirs et les années. Ne souhaitant pas entrer dans les détails familiaux, détails trop personnels sans doute, il va à l’essentiel.

 

« Lorsque mon père monta, lui aussi, sa petite entreprise de fruits et légumes, au milieu des années 1960, son échoppe se situait à une vingtaine de mètre de celle d’Antonio. C’était vraiment le bon temps, la  grande époque. Autour des halles, poumons d’une ville, il y avait Quimper. Une dynastie Coll s’installait pour une trentaine d’années. »

 

Moments de bonheur, déceptions amères : il se livre sans fioriture et de quelques coups de crayons précis, dresse le portrait réaliste d’une époque révolue.

 

« Puerto de Soller. Rassemblant mes esprits, je revois tout de même cette scène d’une manière impeccable et froide, d’une manière si nette et si précise qu’elle me glace encore les sangs. […] La tête défaite de ma mère lui fit penser à un quelconque décès familial. Il n’avait pas tort : il s’agissait du sien. Il reçut la nouvelle comme on reçoit une météorite sur le crâne. Le désespoir soudain le visitait. »

 

Audacieux, l’inconnu parvient- en une soixantaine de minutes, si peu – à transmettre ses souvenirs, à offrir quelques images du passé. Espiègle, il relève subtilement ses propos d’une critique acide sur l’évolution des commerces. Ce commerce de fruits et légumes, idée ingénieuse de son grand-père – créateur de valeurs, source de leur ascension sociale -, qui, d’une étincelle incendiaire, engendra également le déclin de toute la famille.

 

« […] C’est ainsi que mon papy devint naturellement une sorte de légende locale, un héros exotique. Il  n’avait, outre sa soupe, qu’une seule chose à vendre : des oranges, c’est-à-dire ce que les professionnels appelèrent plus tard : la Vitamine C. Voix de papy quelques jours avant sa mort d’un cancer de la prostate en septembre 1992 : « Ecoute moi, petit : la vitamine C en tube a tué et tuera notre petit commerce d’agrumes. Tu ne peux pas rivaliser avec un tube. Deviens pharmacien ! Moi, ce qui me tue à petit feu, là, c’est la prostate. Vois-tu, méfie-toi de ta prostate, nom de Dieu, elle ne rigole pas, non elle ne plaisante pas, la prostate. Saloperie. Méfie-toi, l’ennemi est aussi à l’intérieur de toi. »

 

Alors que le train entre en gare, l’inconnu lève les yeux vers vous. Mélancolique. Il entend encore la voix mélodieuse de son grand-père, tandis que l’image des huissiers de justice et de son père, le regard vide, se bousculent dans sa tête. Sur le point de partir, il se retourne, vous serre la main : « Anthony Palou ». Et disparaît.

 

« Soudain, j’entendais la voix de mon grand-père. Elle chantait, elle claquait comme des castagnettes, plus on se rapprochait, plus j’étais heureux d’avoir du sang espagnol. Je regardais Barcelone, je la regardais comme on regarde une vieille photo de famille sur laquelle tout est familier, rien n’a changé. »

 http://static.skynetblogs.be/media/54557/dyn007_original_566_425_jpeg_2576089_9193eac77d66f7b8fe115fd4871e8e09.jpg


Je remercie chaleureusement les éditions http://media.cadeaux.com/images/operations-speciales/diamant13/logo-albin-michel.gifainsi que http://a34.idata.over-blog.com/500x115/2/77/77/84/Images-diverses/Blog-o-book.jpg, grâce auxquels j'ai dégusté avec plaisir cet ouvrage de la rentrée littéraire 2010.


 

~~~ Pour aller plus loin ~~~


Je vous invite à lire une petite interview d'Anthony Palou ici;   à accompagner - pour le plaisir - de cette vidéo :


Un petit tour sur France Culture également : Alain Veinstein reçoit Anthony Palou

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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 09:08
Robe de marié,
écrit par Pierre Lemaitre.

Publié en 2009.


http://culturopoing.com/Uploads/img3516.jpgQuatrième de couverture :

Evidemment, je m'y attendais puisque j'en suis l'auteur mais... à ce point-là! Quelle vision, c'est à peine croyable...

Son mari n'est plus que l'ombre de lui-même. Les vertèbres ont dû être salement touchées. Il doit maintenant peser dans les quarante-cinq kilos. Il est tassé dans son fauteuil, sa tête est maintenue à peu près droite par une minerve. Son regard est vitreux, son teint jaune comme un coing. Et il est tout à fait conscient. Pour un intellectuel, ça doit être terrible. 
Quand on pense que ce type n'a pas trente ans, on est effaré... Quant à elle, elle pousse le fauteuil avec une abnégation admirable. Elle est calme, son regard est droit. Je trouve sa démarche un peu mécanique mais il faut comprendre: cette fille a de gros soucis... 

En tout cas, elle ne tombe pas dans la vulgarité: pas d'attitude de bonne sœur ou d'infirmière martyre. Elle serre les dents et pousse le fauteuil, voilà tout. Elle doit pourtant réfléchir et se demander ce qu'elle va faire de ce légume. 

Moi aussi d'ailleurs.

Grâce à une plume toujours aussi efficace et à un scénario bien travaillé, Pierre Lemaitre entraîne à nouveau son lecteur et l’enchaîne à ce thriller psychologique : Robe de marié.

Je ne peux donner un véritable avis post-lecture sans dévoiler le roman,  car celui-ci est terriblement bien ficelé et chaque détail joue un rôle des plus importants : afin de présenter brièvement le roman, je n’écrirai donc que quelques lignes.


Sophie, une jolie jeune femme, est devenue instable et dépressive suite à de malheureux événements. Dans un premier temps, alors qu’elle menait une vie de couple heureuse avec Vincent, son époux, et s'était établie une situation professionnelle stable, elle s’est mise à souffrir de troubles de la mémoire : tout d’abord légers et presque sans importance, ses oublis sont devenus de plus en plus fréquents et ont ainsi pris une place majeure dans sa vie. Consciente de ses oublis et incapable de les maîtriser, déboussolée, Sophie consulte un médecin. Elle doit alors tout noter pour ne plus oublier, mais égare également ses carnets de notes – qu’elle retrouve plusieurs jours après, dans des endroits incongrus.

« Pour elle, tout noter est peut-être une bonne solution mais « je deviens scrupuleuse, parano…, écrit-elle. Je me surveille comme une ennemie. » »

Envahissant les moindres recoins de sa vie, cette maladie lui fait perdre tous ses repères, puis son métier et presque son mari, qui peine à garder son calme dans une telle situation. S’ajoute à cela un accident terrible duquel Vincent ressort paralysé, désormais incapable de vivre seul. La vie de Sophie est devenue un cauchemar. C’est au travers de ce cauchemar que le lecteur va faire connaissance avec Sophie et le cadavre du jeune Léo, six ans.

« Comme il arrive souvent, lorsque la bouilloire s’arrête, Sophie est perdue dans ses pensées. Chez elle, c’est un état qui peut durer longtemps. Des sortes d’absence. Son cerveau semble se figer autour d’une idée, d’une image, sa pensée s’enroule autour, très lentement, comme un insecte, elle perd la notion du temps. Puis, par une sorte d’effet de gravité, elle retombe dans l’instant présent. Elle reprend alors sa vie normale là où elle s’est interrompue. C’est toujours comme ça. »

Je pense que le but de la première partie de ce thriller, qui en comporte quatre, et d’amener le lecteur à se poser une question essentielle pour la suite du roman : la jeune femme est-elle devenue folle ?

« Enfant, il lui arrivait de se regarder dans un miroir, exactement au fond des yeux et, au bout d’un moment, elle ressentait une sorte de vertige hypnotique qui l’obligeait à se retenir au lavabo pour ne pas perdre l’équilibre. C’était un peu comme une plongée dans la part d’inconnu qui sommeille en nous. » 

Quelle que soit votre conclusion, vous ne pourrez qu’être surpris(e) par la suite, si réaliste qu’on ne peut s’empêcher de frissonner. Cette dernière remarque m’engage à écrire quelques mots sur l’écriture de Pierre Lemaitre. Ayant lu Cadres Noirs peu de temps auparavant, la comparaison est inévitable mais n’est pas essentielle : s’il existe en effet quelques similitudes telles que le découpage du roman en différentes parties qui laissent s’exprimer tour à tour différents narrateurs, ou le réalisme de ses personnages, l’auteur fait preuve d’une réelle originalité au travers de son scénario.  Néanmoins, la principale qualité de cet auteur français n’est pas tant son scénario, qui est loin d’être exceptionnel et parfois même assez prévisible – j’avais anticipée la plupart des rebondissements, même si j’avoue avoir été parfois surprise – mais plutôt son écriture : admirable ! Je pense qu’il est très difficile de rendre par des phrases la folie d’un personnage – et encore, pas une folie installée, mais une folie qui gagne du terrain lentement, insidieusement, jour après jour – de faire comprendre au lecteur les mécanismes psychologiques et le plus souvent inconscients, de faire transparaître par des mots les émotions ressenties par les personnages, de les rendre si palpables que l’on en devienne soit même angoissé(e), et pourtant tels sont les paries réussis par Pierre Lemaitre.

 

Un autre point qui mérite d’être souligné, est la réussite totale du changement de narrateur : le style d’écriture change radicalement, ce qui permet au lecteur de pénétrer la psychologie du personnage sans hésiter ni se perdre entre deux parties. Ainsi, si le changement de style est total, il n’en reste pas moins très efficace puisque le thriller ne perd jamais sa dimension psychologique, tenant le lecteur en haleine jusqu’aux dernières pages. Ces dernières pages m’ont quelque peut déçues, la fin m’a semblé arriver trop vite et trop facilement. Mais… n’était-ce pas plutôt que je ne voulais pas voir le roman se terminer ?


Robe de marié est définitivement un thriller psychologique très efficace. Après avoir tourné la dernière page, impossible de ne pas s’inquiéter pour soi-même et pour l’humanité. Sophie pourrait être vous, votre voisin, moi-même. Sa vie, son cauchemar, devenir le nôtre.  


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Ce thriller a fait l'objet d'une lecture commune sur Livraddict ! Je vous invite à consulter fiévreusement les avis de l'ensemble des participants !  Cacahuète, Lasardine, Mélo, Mystix, Alexielle, Livresque, Chaplum, Calypso, Kactusss, Déliregirl, Clara, Cynthia, Ana76, Lili, Mrs Pepys, Valunivers, Leyla, Lagrandestef, Belledenuit et Véro !!!

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 20:52

Le rêve du mammouth,
écrit par Rachel Tanner.

Publié en 2006.





"Il y a 35 000 ans, dans le sud-ouest de la France...
 
La tribu d'Hamzu est menacée d'extinction sous les coups cruels des Face-Plates venant du Nord. Seul Temür le chasseur comprend que, pour survivre, il va lui falloir entreprendre un grand voyage, au-delà des Montagnes Noires, un périple qui lui a été dicté par LE RÊVE DU MAMMOUTH..."






Je viens juste de le refermer et pourtant, je brûle d’envie de le lire à nouveau. Ce roman est une merveille, il m’a totalement séduite et je ne peux que vous le recommander avec ardeur!
 

Dès la première page, le lecteur est transporté 35 000 ans en arrière au sein du clan des Mammouths, dans le sud-ouest de la France.
 

Confronté aux anciens hommes, le lecteur apprend progressivement à les connaître, ou devrais-je dire, à s’en souvenir.
 

Ainsi, grâce à des indices glissés subtilement au fil des pages, le lecteur se familiarise avec leurs caractéristiques physiques : le front bas, des arcades sourcilières proéminentes, un menton non existant, un corps très musclé et robuste malgré une petite taille, ainsi qu’une grande résistance aux intempéries. Au détour d’un chemin ou encore au travers des yeux d’un jeune garçon découvrant sa sexualité, le lecteur prend plaisir à découvrir ou redécouvrir les différents outils, objets et installations inventés par nos ancêtres, et ce dans les moindres détails : la manière dont ils étaient fabriqués et avec quels matériaux, leurs formes diverses, les sensations au toucher et à quelles fins ils étaient employés. J’étais captivée et je ne me suis jamais ennuyée : bien loin du cours d’histoire traditionnel de primaire, le roman est vivant! Des dialogues rythmés et réalistes, des personnages hauts en couleurs, et nul besoin d’illustrations pour imaginer les paysages ou objets tant ils sont bien décrits. J’ai admiré ces hommes d’il y a 35 000 ans qui fabriquaient eux-mêmes leurs outils, en comprenant à la fois le mécanisme et l’utilité.

« Ankidou saisit un bloc de silex de la main gauche et l’examina. Nul n’avait son œil pour repérer une fissure au cœur d’un bloc apparemment parfait, nul n’avait son instinct pour sélectionner les meilleures pierres d’où jailliraient les lames minces, rectilignes et étroites. Ses yeux bruns se plissèrent, sculptant un fin réseau de rides décolorées à l’angle des paupières. Il orienta le silex brut de manière à obtenir un plan de frappe précis. »

Le lecteur découvre ses ancêtres en tant qu’êtres humains, une approche sociologique donc de ces hommes préhistoriques : on les découvre ainsi unis dans leur sentiment d’appartenance à un même clan, attachés à leurs traditions, capables d’amour mais n’assimilant pas ce sentiment à la procréation, et quantité d’autres choses que je vous laisse le soin de découvrir.
 

Vous l’aurez compris, le lecteur n’est jamais extérieur à l’histoire, personnage froid et attentif : dans ce roman, le lecteur entre dans l’Histoire. Il apprend non seulement les traditions propres à la tribu du Mammouth, mais il apprend surtout à comprendre celles-ci. C’est en les comprenant que le lecteur s’attache à ses membres et ressent de plus en plus intensément leurs émotions, jusqu’à partager leurs bonheurs et malheurs. Toutefois, certains sentiments ou traditions demeurent impossible à partager : je pense au viol d’une femme symbolisant la soumission de sa tribu ou encore au cannibalisme qui était pour ces hommes un rituel post-mortem sacré et nécessaire à tous les êtres vivants. L’écriture de Rachel Tanner est donc remarquable, puisqu’elle parvient à nous faire comprendre et partager, au travers d’un récit bien travaillé et emprunt de réalisme, la vie quotidienne de ces anciens hommes.

« Shamash fit courir son couteau sur le ventre du plus gros des mâles et sortit les entrailles chaudes à pleines mains. Une colonne d’air fumant s’éleva du corps. Tandis que le chef du clan du Mammouth découpait soigneusement le foie en petits carrés, tout le monde se rassembla autour de lui. Plus un bruit, hormis le bourdonnement des mouches. Couteau brandi, Shamash s’adressa aux Esprits :
 

-Nous te remercions, Seigneur des Bêtes. Et toi, grand Renne, merci d’être venu si près. Nous espérons te revoir. »

Très vite, le lecteur est confronté aux difficultés de la vie de ses ancêtres : celle-ci étant rythmée par les changements de saisons, et donc par les migrations des animaux, les chasseurs devaient accumuler suffisamment de nourriture pour permettre à la tribu entière de survivre jusqu’à six mois dans un hiver glacial qui n’épargnait personne. La chasse occupe donc une place importante – voire prépondérante – dans le récit. J’ai aimé découvrir les techniques de chasse et j’ai surtout admiré l’esprit d’équipe qui animait ces hommes. J’aurais cependant aimé en apprendre plus sur les animaux chassés, les découvrir au delà de leurs noms et de l’utilisation post-mortem de leurs chairs, peaux, os, tendons, ligaments, viscères, etc.

« Avec un rugissement de défi, le lion apparut. Ses yeux jaunes fixèrent Hamzu. Fasciné malgré lui, le chasseur ne put s’empêcher d’admirer l’élégance mortelle du félin qui avançait à grands pas élastiques, les babines retroussées sur ses canines supérieures. Elles étaient acérées et longues comme des couteaux. Aussi impressionnantes soient-elles, le danger ne venait pas des dents, mais des griffes. Le lion immobilise d’abord sa proie avant de l’égorger.
 

Deux sagaies volèrent, trop courtes pour faire mouche. Le lion tourna le mufle vers les nouveaux venus et coucha les oreilles en fouettant l’air de sa queue. Les silhouettes verticales l’inquiétaient. Leur odeur lui apprenait qu’elles n’avaient pas peur. Qu’est-ce qui les rendait si sûres d’elles ? Trois créatures d’apparence fragile, sans griffe ni corne ni dent, de corpulence modeste, et pourtant le lion se méfiait. »

La rencontre avec les Faces-Plates devient rapidement l’élément le plus important du roman, et également le plus consistant. Derrière un conflit de territoires entre tribus se dessine en réalité l’histoire de l’Humanité, car en confrontant la tribu du Mammouth aux Faces-Plates, l’auteur permet au lecteur d’entrer dans une période clé de l’Histoire : celle de l’évolution. En effet, la confrontation rapide et inévitable entre l’Homme de Neandertal  et l’Homo sapiens invite le lecteur à une réflexion sur un des mystères de la préhistoire : la disparition de l’Homme de Neandertal en à peine quelques milliers d’années, alors même que venait d’apparaître l’Homo sapiens. Ce que décrit le roman est très subjectif, puisqu’aujourd’hui il existe plusieurs thèses sur ce sujet et qu’aucun consensus n’a été établi ; c’est donc l’une de ces thèses que le lecteur peut découvrir : celle du génocide.
 

En effet, l’Homo sapiens apparaît d’emblée non seulement très différent physiquement – un front plat et haut, des yeux plus larges, un menton existant et une plus grande taille – mais également très violent, ne respectant pas les mêmes coutumes que l’Hommes de Neandertal. Cette violence se caractérise surtout par le massacre sans pitié des tribus qui leur sont étrangères. Lors de ma lecture, je n’ai pas immédiatement fait le rapprochement entre les Faces-Plates et l’Homo sapiens : la plume de l’auteure est en effet très efficace, puisqu’en découvrant ces hommes modernes au travers des yeux de l’Homme de Neandertal, le lecteur découvre un monstre – sans comprendre immédiatement qu’il s’agit de son ancêtre le plus proche.
        
Cette partie du roman est d’autant plus intéressante que l’auteure a tenté d’imaginer les réactions de l’Homme de Neandertal face à cet envahisseur : la tribu du Mammouth va ainsi adopter une Face-Plate, essayant de la comprendre et de l’intégrer à la tribu. Toutefois et en dépit de ses efforts, l’Homme de Neandertal 
est voué à l’extinction. Je n’ai pu réprimer un frisson à la lecture des dernières lignes de cet ouvrage : nos ancêtres ont-ils vraiment massacré toute une race pour mieux s’imposer sur Terre ?

 

C'est avec chaleur que je remercie les éditions http://www.riviereblanche.com/logo.gif et http://flof13.unblog.fr/files/2010/01/livraddictlogosmall.pngpour m'avoir permis de découvrir et d'adorer ce roman!! Un vrai coup de coeur!

Découvrez l'avis de Paikanne ici !

--->>> Pour aller plus loin...


-Je vous invite à découvrir une interview de Rachel Tanner très intéressante ici

-Sur le site de la maison d'éditions Rivière Blanche, vous pouvez découvrir le premier chapitre du
Rêve du Mammouth ! Cliquez! 

-
Ici et vous pouvez en découvrir un peu plus sur le mystère de la disparition de l'Homme de Neandertal (... ).

-Enfin, Rachel Tanner a laissé entendre que le Rêve du Mammouth serait le début d'une trilogie... Je brûle d'impatience de découvrir la suite ! En attendant, j'espère que comme moi vous irez découvrir
les autres ouvrages de cette auteure !!  

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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 19:34
Cet homme là,
écrit par Eve de Castro.

Publié en 2010. 


Quatrième de couverture :

        
"Elle a joué tapis sans même l'avoir embrassé. Toute sa vie sur la table et elle ne connaissait alors de cet homme que deux grandes mains, une chaleur, une voix."


Il vient du bout du monde, il n'a pas de diplôme, pas d'argent, pas d'attaches.
Elle est le fruit d'une éducation d'un autre âge, elle a une famille parfaite, un métier exigeant, un carcan de certitudes.
Il s'oublie dans le corps des femmes.
Elle se fuit dans les mots.
Depuis l'enfance, ils se cherchent.
Ils s'accrochent l'un à l'autre.
Ensemble, ils tombent au fond du puits.


Maintenant que vous avez lu la quatrième de couverture, je vous invite à lire la première page de ce roman :

« A Vacoas, il est onze heures du matin. Roméo a cinq ans et trois mois, huit fourmis rouges trimballent un grain de maïs entre ses deux pieds nus, il lui faut habituellement douze coups de balai pour nettoyer la maison et ce soir, il comptera les étoiles jusqu’à cent. Roméo aime les chiffres. Avec sa mère, il parle peu. Les mots servent à nommer les choses qu’il faut faire et ne pas faire. Il n’y a pas de mystère dans les mots. Dans les chiffres, si. Les chiffres servent à jouer et à rêver. Additionner, retrancher c’est un pouvoir dans la tête. Multiplier, c’est encore plus de pouvoir. Ce pouvoir-là, il est le seul à l’avoir. A la petite école, les autres se taisent quand il compte au tableau, et à la maison, il aide sa mère qui recommence dix fois pour comprendre pourquoi il ne reste presque rien dans le porte-monnaie du marché. Sa mère doit mettre les chiffres en ordre avant que son père revienne sur sa moto. Il sait que deux et deux ne font pas trois, son père, et pour expliquer les choses, il n’a pas besoin des mots. »

Pour ma part, j’ai tout de suite accroché, et cela pour plusieurs raisons. Je m’attendais à entrer directement dans l’histoire de deux adultes, à apprendre à les connaître, puis à vivre et ressentir leur passion. En bref, je m’attendais au schéma classique d’un roman traitant de la passion amoureuse – ce à quoi la page de couverture du roman m’invitait. Et bien non ; lecteur, attends-toi à être surpris ! Dès la première phrase, nous faisons connaissance avec un petit garçon. Quelques pages après, avec une jeune fille de tout juste onze ans. Vous pensez qu’il va s’agir d’une histoire d’amour entre deux mômes, d’une passion de bas âge mais peut-être pas si futile que ça – souvenez vous de E=mc2, mon amour. Vous n’y êtes pas encore ! Les 162 premières pages – tout juste la moitié du roman – se consacrent exclusivement aux enfances respectives de Marie et Roméo, les deux protagonistes du roman. Patience donc, si vous brûlez de les découvrir adultes et passionnés !
 

La plume de l’auteur à présent. Parler de chiffres dès les premières phrases, dans un roman, ce n’est pas habituel. J’aurais presque dit, pas littéraire ! Et pourtant, il y a une certaine poésie qui se dégage de ce passage ; on sent que l’auteure a un style propre et qu’avec celui-ci, elle peut nous emmener loin.
 

C’est ce qui m’a séduit. Je me suis laissée emportée par cette première vague de mots.

« Son père est un géant. Il a des gros yeux, une grande bouche, des mains comme la batte qui sert à frapper les draps mouillés. Avec ces yeux, cette bouche, ces mains, son père fait des choses de géant. Il voit ce qu’on veut lui cacher, comme les sous qui sont partis ou l’accroc sur la chemise de Roméo à cause du barbelé. Quand il a vu, il crie. D’ailleurs même quand il n’a pas vu, il crie. Même quand il n’y a rien de caché, rien à voir du tout, il crie. Il crie parce qu’on cache toujours quelque chose, et qu’il vaut mieux crier pour ça que ne pas crier du tout. Au moins, quand il a crié, il n’a plus la crainte qu’on se foute de lui. C’est son idée fixe, à son père : que Roméo et sa mère en lui cachant des choses se foutent de lui. Il est chatouilleux sur le respect qu’on lui doit. Les géants sont comme ça. Sinon, sûrement, ils ne seraient pas des géants. »

Ce passage pour vous montrer ce qu’a de remarquable l’écriture d’Eve de Castro. Tout d’abord, elle a le mérite de retranscrire, avec un vocabulaire d’adulte, les pensées d’un enfant : la syntaxe et la manière dont les choses sont décrites sont telles que l’on identifie sans peine qui en est l’auteur. Ensuite, ses phrases sont empreintes d’une certaine subtilité ; on devine aisément que le père de Roméo bat sa femme physiquement et moralement, pour autant cela n’est pas dit explicitement. Toutefois, cela n’est implicite que dans les mots, car le rythme des phrases est traitre : des phrases très courtes, lapidaires, qui tombent de manière abruptes et violentes. Elles s’enchaînent, et le lecteur peine à reprendre son souffle. Très vite donc, on ressent l’univers violent dans lequel est plongé le petit garçon.
 

Enfin, le style en lui-même : les phrases reprennent bien souvent le dernier mot de la phrase précédente, créant ainsi un effet de retour en arrière propre au raisonnement de l’enfant. On aborde donc les événements sous le point de vue logique d’un enfant de 5 ans, déjà très marqué par les chiffres. Ce qui m’a perturbé dès ces premières pages, c’est la quasi absence de sentiments ou d’émotions : je me suis demandée si Roméo, enfant, n’essayait pas inconsciemment d’oublier la violence dans laquelle il se trouvait en utilisant les mathématiques et leur logique.
 

Par la suite, au travers des yeux de l’enfant, l’auteure nous fait découvrir l’Ile Maurice : ses paysages, ses habitants, ses habitudes.

« A Maurice, il y a des autobus, seulement on ne les voit jamais. Presque jamais. Jamais quand on les attend. Pourtant on les attend souvent et longtemps. »

C’est tout aussi naturellement et sur le même ton que l’on découvre que les noirs de l’Ile Maurice sont esclaves, et que la mère de Roméo est employée de maison chez des Anglais.
 

Changement de chapitre et changement de personnage : un nouveau style et d’autres paysages. En d’autres termes, un bouleversement que je n’ai pas apprécié.

« Mais un anniversaire est un nouveau départ, donc à cinq heures douze elle est lavée (même derrière les oreilles), habillée (le kilt préféré de sa mère), coiffée (cheveux lissés et attachés), et elle s’assied à son petit bureau. »

J’ai réellement détesté cette manière d’écrire. Alors que dans le premier chapitre l’auteure se mettait à notre niveau pour retranscrire les pensées d’un enfant de cinq ans, elle a choisit pour son personnage de onze ans un style proportionnel à son âge : un style enfantin et déplorable. J’ai eu la désagréable impression de lire le journal intime d’une fillette ; et cela durant tous les chapitres consacrés à l’enfance de Marie. Bien sûr, chaque chose a son utilité, et l’on comprend par la suite que – comme dans le premier chapitre – le style utilisé reflète la situation du personnage : en l’espèce, Marie est issue d’une famille bourgeoise attachée aux traditions et à la bonne tenue. Marie s’évertue donc à être une petite fille modèle. Malheureusement, la désagréable impression de retrouver Camille et Madeleine de la Comtesse de Ségur m’a fait détester le personnage de Marie dès les premières lignes. A vouloir trop en faire, la plume de l’auteur a brûlé sous mes yeux.

« Bien sûr, elle vit confortablement, elle fréquente une école privée d’excellente réputation et personne ne la bat. Mais l’enfer est pavé d’intentions louables, l’essentiel est invisible pour les yeux et pas besoin de s’appeler Cosette pour avoir envie d’être sauvée. »

Je l’avoue, la tournure de ce passage m’a séduite. J’ai donné une seconde chance à Marie et à son histoire. Tel un amuse-bouche, ces quelques phrases m’ont mise en appétit et j’ai tourné la page avec avidité. Malheureusement et pour faire simple, je suis restée sur ma faim – si ce n’est sur un haut de cœur. Il ne se passe rien. Les phrases sont enjolivées, les tournures agréables, mais le noyau est vide. Un simple mensonge – son père n’est pas son géniteur -, et l’existence de la jeune fille bascule : j’ai trouvé cela grotesque et assez invraisemblable, surtout à notre époque.
 

Pour clôturer le tout, un sentiment de malaise vient se greffer à l’histoire : « Sa mère la prend par la main et s’assied à côté d’elle au bord du grand lit. Belle. Incroyablement, irrésistiblement belle. Si Marie osait, elle se mettrait à genoux devant cette mère-là. Elle lui offrirait l’encens, la myrrhe, les bonnes notes, les efforts quotidiens pour être moins ceci et davantage cela. Elle l’adorerait servilement, elle la vénérerait amoureusement. Elle l’adore. Elle la vénère. Servilement. Amoureusement. Marie est éperdument éprise de sa maman. » Détestable.
 

Le seul point positif est peut être le passage concernant les mots et leur pouvoir sur Marie. De même que Roméo s’accroche aux chiffres pour grandir, Marie se cramponne aux mots pour survivre à ce qui lui semble être la fin du monde – de son monde.

« Elle essaie de trouver des mots auxquels se cramponner.

Piton. Piolet. Pyrrhus. Perdition.

(…)

Ne pas pleurer. Rouge, orangé, jaune, vert, bleu, indigo, violet, elle essaie de se rappeler un poème qui parle de couleurs et de voyelles. Ne pas pleurer. »

C’est avec soulagement que l’on retrouve Roméo. Roméo qui grandit page après page, au sein de passages bien pensés, bien écrits.

« Dans sa tête, Roméo sent sa mère qui se penche au-dessus de lui. Sa mère sent la pluie, la transpiration sous les bras, le piment en poudre et le produit pour laver les sols du mess. Toutes ces odeurs font une mère. La sienne. Et aussi le parfum qu’elle met quand son père lui promet de l’emmener danser et qu’elle garde quand il ne vient pas. Et encore le savon qui rentre dans sa peau parce que l’eau froide rince mal et qu’au robinet il n’y a pas d’eau chaude. Roméo aime toutes ces odeurs. Dès qu’il pense à ces odeurs, sa mère est là. »
« Coincé entre son père et sa mère, Roméo est heureux. C’est très simple, d’être heureux. C’est très court et très bon. C’est comme un rêve. Sauf qu’on ne rêve pas. »

Au coin d’une page et au commencement d’un nouveau chapitre sur Marie, j’eus l’agréable surprise de découvrir un bien paisible passage, se démarquant du récit de l’enfance de la jeune fille par le fond et par la forme. Une petite philosophie de la vie dans laquelle on ne peut que se retrouver.

« Quand elle écosse des petits pois, sa vie rentre dans l’ordre. D’abord à cause des petits pois. La concentration exigée par les petits pois la laisse disponible pour toutes sortes de pensées sans lui permettre aucune forme de réflexion. Or l’angoisse vient de la réflexion. La douleur naît de la réflexion. Quand elle fend la cosse, quand elle glisse le bout de son doigt pour en détacher une à une les billes vertes, quand elle fait rouler les pois durs et frais dans le saladier, elle ne réfléchit pas. Au lieu de se cogner contre les murs de sa tête, son esprit descend dans ses oreilles, dans ses narines, glisse le long de ses coudes, de ses phalanges, jusqu’à l’extrémité de son majeur. Là, elle est bien. Dans le coussinet sous l’ongle rongé de son majeur, elle est bien. Le temps prend la couleur, la consistance et le bruit des pois lorsqu’elle les secoue au creux de sa paume avant de les lancer en pluie sur ses poignets. »

Au fil des mots et au-delà de l’histoire, les personnages se construisent et développent une identité. C’est par ce procédé que le lecteur apprend à les connaître, et presque à les aimer. Presque, car leur personnalité présente autant de défauts que de qualités, et connaître ainsi totalement l’Autre, en profondeur, n’est pas humainement possible. Alors, on ne peut pas humainement les aimer ou les détester. Comme s’il s’agissait de soi-même – qui peut affirmer s’aimer ou se détester – on ne peut que les accepter, tels qu’ils se sont construits.
 

C’est ainsi que l’on comprend que Marie, enfant, se sent prisonnière, enfermée dans un carcan bourgeois duquel elle tente d’échapper par les mots. Elle s’invente en quelque sorte un dictionnaire de la liberté, construit des synonymes des mots qu’elle n’a pas le droit d’utiliser ou au contraire qu’on lui impose. Les mots deviennent sa délivrance, du moins c’est ce qu’elle pense – car Marie, adulte, n’échappera pas à son éducation.
 

La plume de l’auteure devient plus intéressante lorsqu’elle évoque les seize ans et plus de Marie. Au style moins enfantin, on ressent clairement le souci qu’a eu l’auteur de vieillir son personnage et de lui donner une certaine maturité. Néanmoins, les parenthèses persistent. Des parenthèses ridicules, omniprésentes du début à la fin du roman et qui rendent les phrases très lourdes lors de la lecture. Je pense que ce choix de l’auteure aurait pu être judicieux, s’il n’avait pas été aussi extrême. Lecteur, sois courageux ! L’envie de laisser tomber le roman s’est faite ressentir à maintes reprises.
 

Le rythme s’accélère tout à coup, les années s’emballent. On tourne une dernière page et la deuxième partie du roman commence : « Spirale ». On y retrouve nos deux gosses, adultes à présent. Roméo a perdu son innocence et sa douceur d’enfant ; on découvre un homme à la fois assoiffé et dégoûté des femmes et du sexe, menant une vie misérable construite d’erreurs et de déceptions.

« Il en a bouffé, des femmes. Il en est gavé, il ne prend plus. Sauf pour le pieu, et encore, il simplifie. Il voit une petite jeune, pas plus haute qu’une demi-pomme, végétarienne et rigolote, le genre copine coquine sans prise de tête. A part ça, il baise Martine deux ou trois fois par mois. Martine est son ex-femme. Elle est blonde, secrétaire dans l’Administration, fade et mesquine. Il l’a épousée parce qu’elle était en cloque, qu’à trente ans, il se sentait prêt pour être père, et parce que avec le mariage il récupérait la nationalité française. Chaque fois il se dit qu’il a vraiment merdé en ayant un gosse avec cette conne là plutôt qu’avec une autre, peut-être aussi conne mais moins chiante. Il la baise quand même. Elle a un beau cul. Avec d’autres qui l’inspirent moins, il pense à son cul. »

Les chapitres suivants concernant ce personnage seront à l’image de ce passage : entre égocentrisme marqué et langage sexuel très cru. Le lecteur ne peut donc s’empêcher d’éprouver – effet escompté par l’auteure - un dégoût profond pour Roméo, une aversion certaine.
 

Vers la page 179, j’ai commencé à me lasser sérieusement de la plume de l’auteure : au début du roman, le style lapidaire convenait bien à l’atmosphère violente régissant la vie de Roméo. Seulement, après presque deux cent pages, le style n’a pas évolué. Les phrases sont toujours très courtes, s’enchaînent toujours avec la même rapidité ; le lecteur n’a pas le temps de s’installer entre les mots, de laisser sa pensée entre les lettres, il est toujours bousculé. Un rythme intellectuellement fatiguant donc.
 

Malgré ces petits bémols, j’ai tout de même continué d’apprécier certains passages ; dont celui-ci, bien qu’irréaliste je pense à notre époque (…) :

« N’empêche, ce qu’il a compris de ces années chaudières, c’est que la religion de l’effort, toujours mieux, toujours plus, ça ne fait pas vivre plus ou mieux, ça empêche de vivre tout court. Sa philosophie d’aujourd’hui, c’est que plus n’est pas forcément mieux et que le plaisir ne doit pas coûter cher. Pas cher en argent, pas cher en temps, pas cher en énergie. Observer le monde, la nature, les gens, jouir de ce qu’on a à portée, sans forcer, ça, c’est vivre. »

Pour faire bref, les chapitres suivants ne sont pas très rose, voire même plutôt noirs. Malgré certains clichés et phrases toutes faites, le lecteur accompagne les personnages dans leur déchéance, tous les sentiments y passent. On s’accroche à l’histoire comme les personnages s’accrochent à leur vie ; ils ont envie de tout quitter et nous de laisser tomber le roman. On se cramponne aux mots, le cœur battant d’appréhension pour la suite.

« Il voudrait qu’elle remplisse l’espace, qu’elle comble le vide, et elle, tout ce qu’elle sait faire, c’est s’occuper de ses bouquins et de ses mômes. Elle le fait chier avec son exemple qu’il est censé suivre, alors que le seul truc dont il aurait besoin, c’est qu’ils soient ensemble, qu’ils bouffent, qu’ils baisent, qu’ils dorment ensemble. »

Plus on tourne les pages, plus les personnages évoluent dans leur rapport l’un à l’autre. La justesse des sentiments et des émotions décrits captive le lecteur, l’intègre totalement et malgré lui à la vie chaotique de Marie et Roméo. Inquiétude, désarroi, douleur : on devient tour à tour l’un et l’autre, incapable de les comprendre, soumis à leurs choix.
 

Un point négatif assez lourd du roman est sa forme restrictive au niveau de l’identité des personnages. En effet, Roméo est – de façon de plus en plus excessive– grossier, pervers et égoïste ; quant à Marie, elle apparaît fleur bleue, travailleuse et intelligente. Cette catégorisation des individus quant à leur personnalité selon qu’ils soient un homme ou une femme m’a fort déplue. J’aurais souhaité plus d’originalité et moins de clichés dans ce roman qui se veut différent.
 

Malgré ces défauts, la centaine de pages qui suivent et terminent le roman se lit d’un trait. Difficile de décrocher alors que les personnages sont comme aspirés dans le tourbillon de leurs erreurs. La chute des personnages est certes prévisible, mais tellement brutale que l’on en a le souffle coupé. Les personnages se déchirent encore et encore, toujours plus fort et toujours plus loin ; c’est ici que se dessine la véritable passion, qui dépasse de loin la simple passion amoureuse. Alors que l’amour se transforme progressivement en haine, une haine si brutale et si forte qu’elle en devient collante, imprégnant le lecteur qui tourne les pages avec dégoût, ce dernier découvre la passion haineuse.
 

Toutefois, bien que l’auteure ait très bien su retranscrire cette passion destructrice et violente, la responsabilité de Marie n’est pas apparente. Roméo est coupable à la lecture. Egocentrique, violent, impitoyable, sévère, dur, etc. : la liste de ses défauts s’alourdit à chaque page. Cependant, dans la haine comme dans l’amour il faut être deux, l’auteure aurait donc peut-être du développer la part de responsabilité de Marie dans cette relation proche de l’aversion de l’autre.
 

Le couple que continuent de former envers et contre tout Marie et Roméo poursuit sa descente aux Enfers : leur relation dépasse les limites, atteignant une sorte de folie haineuse tellement intolérable qu’elle en devient inhumaine, vestige d’un ancien amour aux blessures toujours saignantes. Chaque mot devient une pierre de feu. Le lecteur refuse de poursuivre et voudrait oublier, mais il ne peut pas. Il a véritablement peur. Peur pour ces personnages qui en moins de 250 pages ont pris vie, vibrant de leurs personnalités si pleines de défauts, de leurs erreurs, se nourrissant l’un de l’autre. Le lecteur ne peut qu’être tourmenté par la tempête qui bouleverse leur existence, les entraînant dans un puits de douleur qui semble infini.
 

Les dernières pages arrivent comme un soulagement, on ne peut réprimer un soupir. Le soulagement d’abandonner là ces deux êtres perdus et désespérés.
 

Après réflexion, on relit les dernières phrases. Ces quelques phrases que l’on avait d’abord survolées afin de terminer le roman plus rapidement, il faut maintenant les lire avec attention afin de mieux comprendre comment un roman si émotionnellement insupportable a pu prendre fin. Peut-être également pour se rassurer : trouver dans ces derniers mots une logique, une explication à la douleur des dernières pages.
 

Ainsi, ce n’est qu’une fois la lecture terminée que l’on peut véritablement comprendre les intentions de l’auteure : nous faire comprendre que chacun se construit une identité et une personnalité propre durant l’enfance, et qu’en conséquence notre enfance fera toujours partie intégrante de notre vie, marquant celle-ci profondément. Nous faire comprendre également qu’il faut savoir accepter l’autre, l’intégrer et apprendre à dépasser ses propres limites afin de mieux le saisir.

Marie et Roméo, malgré des enfances très différentes l’une de l’autre, ont tous les deux connus la douleur – morale ou physique. C’est peut-être cela qui les a condamné par avance : ils se sont tellement ancrés dans ce qu’ils étaient enfants, tellement définis par rapport à ce que l’on exigeait deux, qu’une fois ensemble ils se sont heurtés à leurs propres limites et n’ont pas su les dépasser. C’est donc un véritable mur, celui de leurs différences, qui va se dresser entre eux.

« Un jour, on s’assied au bord d’un lit, au flanc d’un homme nu sous le drap et on le regarde. On ne peut plus le toucher, on ne peut plus lui parler, il est si loin déjà, alors on se met tout entier dans les yeux qu’on pose sur lui et on le regarde. »

 Je remercie chaleureusement http://flof13.unblog.fr/files/2010/01/livraddictlogosmall.pnget les http://www.laffont.fr/images/image001.png qui m'ont permis de découvrir ce roman!!

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27 février 2010 6 27 /02 /février /2010 20:27
Les fous de pêche,
écrit par Marc Méret.

Publié en 2007. 


 Quatrième de couverture :
 

"Ceux-là forment une petite équipe de pêcheurs composée d’un noyau dur et de quelques occasionnels qui se joignent à eux pour des parties de pêche au coup, aux carnassiers, à la mer…Nous les retrouvons au fil des pages sur des berges aussi différentes que celles d’un étang, d’une rivière à migrateurs en Picardie ou sur les côtes du Cotentin. Nous les accompagnons dans la brume de l’aube, dans une barque au printemps, dans la bise de l’hiver. Ils manient la grande « gaule » en carbone, les lancers légers ou lourds, la canne à mort manié et surtout … à mouche.L’écriture de Marc Méret a la précision du botaniste pour décrire la nature dans laquelle se fond le pêcheur et l’âme poétique pour nous rappeler que seule l’amitié donne du prix à ces moments de vie."
 
 

Je m’attendais à un roman original sur l’univers – au final terriblement méconnu – des pêcheurs. J’ai eu mieux, beaucoup mieux que cela. Dix-neuf nouvelles, pas moins. Chacune originale, différente, distrayante et relaxante. Chacune se renouvelant par son ou ses personnages, de nombreux poissons et techniques de pêches, des descriptions terriblement vivantes et authentiques, sa poésie ou son réalisme, ainsi que par des berges jamais identiques. Quelle joie de retrouver dans la poésie de Marc Méret certains paysages familiers, tels que la Picardie ou la Bretagne, mais également de découvrir de nouvelles contrées et de nouvelles rivières.
« Avant de terminer ce qui restait de café dans la thermos, les deux hommes se resservirent, avec une part de camembert au lait cru, une petite larme de ce délicieux Chablis qui avait accompagné leur pause déjeuner. La bouteille déjà à moitié vide, ou encore à moitié pleine selon la manière de voir les choses, rejoignit dans la glacière l’excédent de « jambon cru – pâté de campagne – saucisson » soigneusement enveloppé dans du papier d’alu et le reliquat de salade de « pommes de terre – haricots verts – tomates » qui baignait dans la vinaigrette au fond d’un grand Tupperware. Ils seront bien aise, vers dix-sept ou dix-huit heures, de retrouver ces reliefs bien gardés au frais par la glace de deux bouteilles d’eau minérale extraites à l’aube du congélateur. »

La première nouvelle m’avait laissé assez perplexe : la découverte assez brutale de l’univers complexe de la pêche à la mouche n’avait rien de séduisant. Tout était décrit avec beaucoup de réalisme et de détails, mais je ne trouvais pas la poésie, la beauté des mots que j’attendais. Néanmoins, j’avais aimé ces langages vivants et fraternels : j’ai donc poursuivi ma lecture, et j’ai ainsi pu découvrir une toute autre écriture – bien plus agréable. Comme je le disais précédemment, Marc Méret a su me surprendre en renouvelant son style dans chacune des nouvelles. Sa plume a su m’atteindre aux moments où je m’y attendais le moins, sachant parfois m’émouvoir ou me transporter loin, très loin de mon lit…

« (…)

-Et pis, y viennent nous vouère ! Ah ça…

Il resta un petit moment perdu dans ses pensées de vieux papy gâteau.

-On s’plaint pas, ça va toujours. L’pire c’est m’pauv’femme. Ca y fait quatre-vingt-onze comme mi. Alle voit pus clair. Alle dit qu’alle arrive pus à faire s’n’ouvrage comme y faut, qu’alle est pus bonne à rien. Laisse, que j’dis, j’vas l’faire. D’temps en temps alle laisse un peu brûler l’fricot, alors alle pleure. Mi, j’dis qu’ch’est bon…et pis j’eul minge. »              

« Equipé, la canne de neuf pieds montée, il dévale le talus, abandonne ses soucis professionnels, les ignorants et leurs couillonnades dans la première touffe d’orties qui borde le sentier et, prenant appui sur le poteau de coin, escalade allègrement la clôture en fils de fer barbelés, en prenant garde de ne pas y percer ses cuissardes en néoprène, pour retomber en souplesse dans le pré où serpente la rivière, son amie, sa maîtresse qui l’attend… Vaque-t-il à d’autres occupations ? Elle l’attend… Est-il en retard ? Elle l’attend, sans impatience, sans mauvaise humeur… Elle l’attend au milieu du pré et au coin du bois, avec ses formes arrondies, ses courbes parfaites, ses plats si lisses et d’une grande douceur, ses chutes attrayantes au chant mélodieux, ses profonds mystérieux alimentés par des courants au tempérament de feu, sa chevelure de renoncules et ses tresses de jonc et d’iris qui encadrent des reflets rosis par le soleil couchant. Elle l’attend,  offerte, lascivement étendue dans son lit à baldaquins de peupliers. A la nuit tombée, elle l’enlacera dans la fraîcheur et la brume qui montent de ses flancs et ses remous lui murmureront des mots incompréhensibles, mais si paisibles et si doux qu’ils seront à n’en pas douter des mots de tendresse et d’amitié. »
Le point faible de ces nouvelles réside dans les détails, parfois trop compliqués pour des non-initiés ou débutants, des techniques de pêche : un petit lexique explicatif aurait été le bienvenu. Néanmoins, cela m’a donné l’envie de redécouvrir la pêche, et peut-être était-ce là le but recherché. Pendant environ sept ans, j’ai accompagné mes parents dans leurs innombrables week-ends de pêche, sur les pontons d’un marais. Jusqu’à la lecture du passage ci-dessous, j’avais totalement oublié ces week-ends ; mais l’écriture de Marc Méret est tellement authentique qu’au fur et à mesure des mots, chaque détail – jusqu’à l’odeur de l’amorce – m’est revenu…

« Le pêcheur mouilla d’abord son amorce pour lui laisser le temps de gonfler, planta ses piquets, disposa les rouleaux pour la grande canne à déboîter à sa gauche et trois mètres en arrière, mit la bourriche et l’éponge (un petit truc pour se laver les mains) à l’eau. Comme un rituel, notre homme pratiquait son installation toujours dans le même ordre. Parallèlement à la berge, il déposa son lancer à brochet où le premier gardon pris sera loché à l’aide de l’aiguille sur un avançon de cinquante centimètres en très fins fils d’acier tressés gainés de nylon, l’hameçon double à cheval derrière la tête. Il emboîta ensuite les brins de la longue canne en carbone de dix mètres cinquante, garda les trois plus gros en réserve sur les rouleaux et fixa la ligne de cinq mètres au bout de l’élastique intérieur.

Le couple de cygnes qui élevait sa nichée sur la petite île vint s’assurer que l’intrus ne présentait aucun danger. Le mâle siffla deux fois en tendant son long cou dans la direction du pêcheur, pour la forme. Ils disparurent dans la brume vers leur pâturage au milieu des petits fonds. »

A l’époque, ne plus avoir l’obligation d’accompagner mes parents avait été pour moi une délivrance. Je m'aperçois aujourd'hui - avec beaucoup de plaisir - que j’ai la nostalgie de ces longs après-midis de patience et de techniques.
 

Marc Méret m’a transmis, au travers d’une poésie très douce, un peu de son amour de la pêche ; je l’en remercie.

« Aura-t-il besoin de ces cinq mouches CDC qu’il a montées, amputant d’un bon quart d’heure sa partie de pêche ? Certes, non ! Ses casiers débordent d’une foule de modèles dans les numéros d’hameçons les plus usités. La plupart ne serviront seulement jamais, peut-être un de ces jours funestes où les truites mal lunées refusent tout ce que vous leur passez au-dessus de la tête. Elles sont destinées à ça, ces mouches surnuméraires qui encombrent les boîtes, mais font la fierté de leur propriétaire sous les regards envieux des collègues qui achètent les leurs. Et si par bonheur l’une d’entre elles tente un poisson rebelle, elle est sur l’heure élevée au rang suprême de sauve-bredouille et devient pour deux ou trois saisons la mouche miracle, la mouche dont tout le monde voudrait connaître le montage jalousement gardé secret par son auteur. »


 Je remercie chaleureusement http://flof13.unblog.fr/files/2010/01/livraddictlogosmall.pnget les éditions http://2.bp.blogspot.com/_7QWzZWxCPYg/Syjsz74kGjI/AAAAAAAAAHk/RchJBExDGXI/S1600-R/logo.jpg qui m'ont permis de découvrir ce roman!!

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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 17:03
Cadres noirs,
écrit par Pierre Lemaitre.
 
A paraître le 3 février 2010.

Alain Delambre est un cadre de cinquante-sept ans anéanti par quatre années de chômage sans espoir. 
Ancien DRH, il accepte des petits jobs démoralisants. À son sentiment de faillite personnelle s’ajoute bientôt l’humiliation de se faire botter le cul pour cinq cents euros par mois… 
Aussi quand un employeur, divine surprise, accepte enfin d’étudier sa candidature, Alain Delambre est prêt à tout, à emprunter de l’argent, à se disqualifier aux yeux de sa femme, de ses filles et même à participer à l’ultime épreuve de recrutement : un jeu de rôle sous la forme d’une prise d’otages. 
Alain Delambre s’engage corps et âme dans cette lutte pour regagner sa dignité. 
S’il se rendait soudain compte que les dés sont pipés, sa fureur serait sans limite. 
Et le jeu de rôle pourrait alors tourner au jeu de massacre.




Lu en quelques heures, ce roman est pour moi un chef-d’œuvre. « Un chef d’œuvre », j’ai beaucoup de mal à expliquer ce que j’entends par là : je n’entends pas un chef d’œuvre comme le sont les écrits de Dumas père ou de Zola – la plume de Pierre Lemaitre n’atteint pas ces niveaux -, mais plutôt un chef d’œuvre de société. Si le style et le vocabulaire employés ne sont pas originaux, si le thème même – le chômage et ses conséquences – nous semble terriblement familier, l’auteur a su écrire un roman d’une grande finesse. Bouleversant, poignant, perturbant, dérangeant, attachant, désespérant, violent - sont autant d’adjectifs pour le qualifier ; mais il est surtout terriblement ancré dans la réalité.

 

Quelle réalité ? Pour faire simple, celle de ces dernières années : un taux de chômage en hausse et 10% de français qui détiennent 61% de la richesse nationale. Ce roman en est une des conséquences – une des plus extrêmes. Je pense que Pierre Lemaitre a fait preuve d’un grand art en réussissant à écrire sur ce thème un roman très noir mais très crédible, et peut être même trop réel (…).

« Je mesure mon utilité sociale au nombre de mails que je reçois. Au début, d’anciens collègues de chez Bercaud m’envoyaient des petits mots auxquels je répondais tout de suite. On papotait. Et puis, je me suis rendu compte que les seuls qui m’écrivaient encore étaient ceux qui s’étaient fait virer. Des copains de promo en quelque sorte. J’ai arrêté de répondre. Ils ont arrêté d’écrire. D’ailleurs, globalement, tout s’est raréfié autour de nous. (…) Les gens se sont peut-être un peu fatigués de nous. Et nous d’eux. Quand on n’a pas les mêmes soucis, on n’a pas les mêmes plaisirs. »

Si dans le roman Alain tombe au piège, je pense qu’en réalité ce qu’essaye de nous faire comprendre l’auteur, c’est que le piège s’est déjà refermé sur lui depuis longtemps. Le reste n’étant plus que de vagues conséquences. Ce piège véritable est celui d’une société capitaliste qui condamne de plus en plus les séniors au chômage. Regardez le journal télévisé, et vous aurez un aperçu du thème du roman.

 

Les chapitres sont au nombre de trois, « Avant » ; « Pendant » ; « Après ». Simples, mais percutants. A l’image du roman.

 

A cinquante ans, Alain – qualifié pour être DRH – accuse quatre ans de chômage et de petits boulots de misère. Il bosse. Il bosse comme un forcené pour se maintenir la tête hors de l’eau, acceptant n’importe quel job. Il est humilié. Fatigué. Dépressif et anéanti. Il a un appartement à payer, des dettes à rembourser, une vie à vivre. Comment s’en sortir ? Il a une femme. Des enfants. Mais il n’a plus de dignité. Désespérément, il s’accroche. Alors, quand on lui fait croire qu’il a toutes ses chances d’être embauché dans une grande entreprise en tant que cadre, il se donne corps et âme afin de réussir. Réussir, coûte que coûte.

« Nicole me sourit. Ce sourire de mon amour. C’est toute ma raison de me battre et de souffrir. Je peux mourir pour cette femme. »

Le lecteur entre dans l’histoire d’une manière simple, rapide, agréable et efficace. J’ai trouvé la plume de l’auteur parfaitement adapté au personnage. Le langage est familier, sans être simple. Le narrateur est toujours interne à l’histoire, ce qui nous offre un point de vue intéressant : l’intensité des sentiments est plus forte, les descriptions plus réelles, les problèmes plus dramatiques, etc. Le premier chapitre est narré par le personnage central, Alain Delambre. Un choix qui s’avère très efficace : son passé et son présent sont évoqués d’une manière rapide mais très personnelle, ce qui nous aide à comprendre le personnage, à le cerner et, d’une certaine manière, à entrer dans sa peau et s’approprier ses problèmes, qui deviennent petit à petit les nôtres. Le lecteur brûle d’avancer dans l’histoire tout autant qu’Alain brûle de sortir du chômage.

« Je pense que ce matin, elle pleurait, je n’ai pas eu le courage de la toucher. »

J’ai été captivé, les pages se tournant de plus en plus vite. J’ai flairé le piège dans lequel tombait Alain, sans pour autant le deviner pleinement. Le scénario est réellement bien écrit – les détails sont très réfléchis, aussi bien dans leur dimension matérielle que psychologique.

« Installé à une table tout au fond de la plus grande salle, j’ai ouvert devant moi mon ordinateur portable. Pendant que le système démarre, je bois un café infect : je suis à un buffet de gare. A cette heure-ci, hormis quelques balayeurs togolais qui font la pause en rigolant, la pègre de l’aube est composée de poivrots insomniaques, d’ouvriers de nuit qui sortent du boulot, de chauffeurs de taxi, de couples épuisés, de jeunes gens défoncés. La population qui débute la journée est franchement démoralisante. Dans cette salle, je suis le seul à bosser mais je ne suis pas le seul à être en perdition. »

Tout est si vraisemblable que l’on ne peut s’empêcher d’être terrifié. La situation d’Alain pourrait devenir la nôtre un jour.

« Quand le bûcheron entre dans la forêt avec sa hache sur l’épaule, les arbres disent : le manche est des nôtres. »

Le roman est emprunt d’espoir, et cela m’a marqué. L’espoir, si humain. Si navrant. Qui n’a jamais espéré de toutes ses forces ? Qui ne s’est jamais senti désespéré ? Le roman nous offre quelques réflexions sur cette notion, « l’espoir ».

« Il a des côtés marrants, Charles. Par exemple, il ne sait pas combien de temps il est resté inscrit sur les listes d’attente des HLM, mais il compte avec précision le délai écoulé depuis qu’il a renoncé à renouveler sa demande. Cinq ans, sept mois et dix-sept jours au dernier décompte. Ce qu’il calcule, Charles, c’est le temps qui s’est écoulé depuis qu’il n’a plus aucun espoir d’être relogé. « L’espoir, dit-il en levant l’index, est une saloperie inventée par Lucifer pour que les hommes acceptent leur condition avec patience. » »

On y trouvé également de nombreuses références à de grands auteurs tels que Bergson, Celine, Kant, Proust, Sartre (...), ce qui est très agréable lors de la lecture. Je rappelle que Pierre Lemaitre est un écrivain français.

Roman bouleversant, car terriblement humain. Amour, fraternité, courage, espoirs. Roman terrifiant, car terriblement humain. Echecs, humiliations, souffrances, détresse.

Réel. 

Je vous laisse découvrir un autre avis : Lire et Délires.
 

 Je remercie vivement les éditions http://www.elbakin.net/images/logo_calmann-levy.gifainsi que http://2.bp.blogspot.com/_Vo5wHR1g-U4/Sm7wcyI6AhI/AAAAAAAAAHs/Scfyooz4YZ8/S187/logobob01.jpgqui m'ont permis de découvrir ce très bon roman dans le cadre d'un partenariat. Suite à cette lecture, j'ai terriblement envie de découvrir les deux autres ouvrages de Pierre Lemaitre!

 

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A l'honneur : la littérature "jeunesse" !

La littérature jeunesse est mise à l'honneur ! Une nouvelle catégorie lui est dédiée !

Je vous invite, chers lecteurs, à feuilleter quelques jolis ouvrages colorés et à découvrir de merveilleuses histoires pleines de rêves et d'aventures !

De belles idées pour nos adorables petits anges, et un soupçon de tendre nostalgie pour les plus âgés !

Cliquez ici pour découvrir les ouvrages qui pourront vous émerveiller !

Livres par écrivains

Cliquez sur le titre d'un livre pour accéder à sa fiche de lecture !
 
bass-rick-2.jpgBASS, Rick
 
72e081b0c8a0fc24c2f3f110.L._V192261114_SX200_.jpg
BARRON, Thomas Archibald
 
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BECDELIEVRE (de), Gilles
 
AVT_Marlena-De-Blasi_637.jpegBLASI (de), Marlena
 
Caroline-Bongrand.jpeg
BONGRAND, Caroline
 
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/55/Nicolas_Bouchard-Imaginales_2012.jpg/220px-Nicolas_Bouchard-Imaginales_2012.jpg
BOUCHARD, Nicolas
 
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BOURGINE, Jérôme
 
emanuelle-de-boysson.jpgBOYSSON (de), Emmanuelle
 
Italo_Calvino.jpgCALVINO, Italo
 
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CASTRO (de), Eve
 
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CHARNAS McKee, Suzy
 
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CLAVEL, Bernard
 
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DARNAUDET, Boris
 
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DEDEYAN, Marina

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DE LA ROCHE, Mazo
Les Frères Whiteoak
 
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DE RIVOYRE, Christine 
La Mandarine 
 
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DESSAINT, Pascal
 
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D'ETANGES, Pierre
 
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DOYLE, Roddy
 
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ERDRICH, Louise
 
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FETJAINE, Jean-Louis
La trilogie des elfes :
 
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FUKUDA, Andrew
 
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FUNDER, Anna
 
myriam-gallot.jpgGALLOT, Myriam
 
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GREEN, John
 
kate grenvilleGRENVILLE, Kate
 
Steven-HALL.jpgHALL, Steven
 
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HARTNETT, Sonya
 
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HASSAN, Yaël
 
HERMARY VIEILLE, Catherine
 
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LANZMANN, Jacques
 
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MACIP, Salvador
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MALZIEU, Mathias
 
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MARTINEZ, Carole
 
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MASSAROTTO, Cyril
 
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MORRIS, William
 
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RADENAC, Matthieu
 
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ROCK, Peter
 
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SABATIER, Robert
Le Lit de la merveille

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SADE, Marquis de
Les Crimes de l'amour
 
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SANE, Insa
 
SCHMITT, Eric-Emmanuel
 
SOREL, Guillaume

john-steinbeck-copie-1.jpg STEINBECK, John
 
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SZABOWSKI, François
 
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TANNER, Rachel
 
VENS, Pierre
 
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WELCH, James